Contributions amies

Le 11/08/08 en réaction à http://gedeon.de.biyanvrac.over-blog.com/article-14609143.html

 

Je m’appelle André ; j’habite dans le très beau département du Var ; je suis élève pilote. Je reçois donc la revue ULM Info et après mon repas du soir, à l’heure où la Sainte Télé s’évertue à nous mener en bateau, je parcours les titres, je bûche les schémas, je potasse les éditos de notre cher Président.

 

Dernièrement, j’ai parcouru le chemin tortueux des élucubrations de ce vieux Gédéon. Malade des synapses, sans doute l’est-il un peu, mais il faut avouer que le mec possède une belle dose de culture !

 

Pour ma part, je ne suis pas cul et chemise avec le pote Maxime, mais comme Gédéon, je suis vieux. Pour être juste, il y a trois ans j’étais encore jeune puisque je n’avais pas encore développé le virus ULMiste. Comme Bibille et Guille, je ne les aime pas non plus, moi, les jeunes, surtout ceux qui couchent avec leur « pléstacheune » au lieu de grimper au septième ciel avec leur voisine. Par contre, je leur parle beaucoup aux jeunes, aux jeunes de tout poil, de toute ambition, à tous les piafs même si leur cui vole bas.

 

Agé donc, oui ; mais c’est bien sans le savoir, comme le Jourdain de Molière, que je suis peut-être devenu le plus fou possible, donc, un peu plus sage. Alors que le Gédé du Monoplan affirme que les p’tits jeunes seraient rebutés par le côté trop grave ringard des PLUMs de notre fédé, je crois bien qu’il peut aller se brosser le duvet et le bec… et le bec !

 

Alouette !

 

Par le fait, j’en connais un, de jeune, qui n’a pas été emballé, pesé, vendu par notre bonne vieille Education Nationale ; (laquelle par parenthèse semble ignorer jusqu’à l’existence d’une quelconque forme d’ULM !) Mon p’tit jeune à moi ne mesure que quelques deux mètres d’envergure. Le jour où je l’ai rencontré, il m’a reçu, moi le vieux con-servateur comme un petit Prince avec tous les égards dus à mes cheveux poivre et sel… Faut dire, Monsieur Gédéon, que ce petit morveux, il sait voler, lui ! Il pilote bien son zinc. Il sait manier son manche et prend son pied avec n’improte quelpalonnier. Il en a vu dans sa chienne de vie des décollages foireux, des trois cent soixante en eau de boudin et des atterrissages loupés ! Pour tout vous dire, le p’tit jeune, il est mon instructeur.

 

Et moi, je déguste, je m’enivre, je savoure à chaque séance un peu du savoir qu’il a et qu’il me distille tour de piste après tour de piste, vol après survol de la magnifique baie de Saint-Tropez.

 

J’ai du être en contact avec le virus dans mon jeune âge, pendant la guerre, quand les Alliés se sont posés à La Motte. La maladie couvait, mais c’est bien grâce à ce jeune qui sait être adulte que j’ai rencontré un bonheur sans nuage : celui de voler dans l’air vif des Iles d’Or.

Sois confiant Gédéon, Il y a des jeunes qui valent… de l’Or.

 

André

 

Vieux Prof Retraité et Jeune Apprenti ULMiste

 

 

 

Le 27/04/08 en réaction à http://gedeon.de.biyanvrac.over-blog.com/article-18725984.html

 

A Gédéon, disciple de Proust et analyste moribond

 

Ami, merci de tout cœur pour l’accueil que tu m’as réservé en ce début d’année.

Aujourd’hui, à la lecture de ton article dans le bulletin fédéral, ma tête bourdonne. Ce n’est pas Monsieur Tout le Monde qui sait manier à bon escient les termes pléonastique, mort-né, xénophobe ou magma. J’avoue, Gédéon, que tu m’as épaté sur ce coup là.

 

Pour ma Pomme qui depuis longtemps sacrifie à l’étude de l’Evolution (des mœurs) l’étonnement a été saisissant d’apprendre la généalogie probable du pendulaire. Et moi qui croyais que c’était un hybride de la clepsydre et du rhinolophe ! Belle information qui calme illico ma soif d’apprendre et à l’instar de Hercule Poirot me pousse à cultiver ma cellule à trois axes.

 

Afin de m’exprimer sans tourner en rond sur la voilure tournante du bébé en gestation, l’essentiel n’est –il pas que ses pales soient efficaces et qu’elles assurent la portance de la machine et du pilote ? Peu me chaud (la lecture de Rabelais me trahit encore !) de savoir qui du détracteur virulent ou du partisan inconditionnel possède le plus gros stock d’arguments fallacieux. Pour qu’une chaise soit bien faite, il faut d’abord que les barreaux soient convenablement tournés. Pour bien planer le bois, le menuisier, le vrai, a besoin de la varlope ; mais il ne saurait se passer du riflard et du rabot ; parfois il choisira le ciseau ou le bédane. Si on lui offre une mortaiseuse, il ne crachera pas dans la soupe, lui. Ainsi, la famille des Compagnons de l’ULM a le Devoir de s’agrandir, de se diversifier et de décoller.

 

Donc, alors même que l’égoïsme est le sel de notre passion, ouvrons la porte aux Hélicohuelles : les voir voler, c’est si beau !

 

Merci alors, Gédé, pour ton coup de plume, bien encrée. Garde nous longtemps sous le coude une réserver de cynorhodon : c’est de la vitabiyanvrac !

 

Fraternellement,

 

André

 

P.S. Simple suggestion avant le baptême du petit dernier : si on optait pour « l’Hachuelle » ?

 

 

 

Le 15 aout 2008 en réaction à http://gedeon.de.biyanvrac.over-blog.com/article-19251071.html          

 

Bien le bonjour, Gédéon !

 

Il y aurait, parait-il, en certaine contrée orientale, une graine particulière qui exige plusieurs années pour germer. Placée dans le sol humide elle travaille de l’intérieur, en silence, sans hâte ni précipitation. Enfin une nuit elle jaillit en une pousse colorée, solide, superbe.

Ah, si nos réflexions pouvaient faire de même !

 

Ah, si le progrès prenait son temps !

 

En réalité, l’homme qui met les pieds dans le ruisseau et regarde le reflet de son visage contemple souvent…un idiot. (C’est le grand Jacques qui me l’a dit)

 

Ne serions nous pas aujourd’hui plus qu’hier, imbus de notre valeur, prétentieux, fiers de notre paraître ?

 

Après lecture sérieuse et réfléchie, après relecture pensive (la main grattant le crâne) j’ai fini par poser mon bulletin fédéral trimestriel. Seulement voila ! Mon cerveau ne décon…necte pas ! Il vagabonde, il me ressort des souvenirs de derrière les fagots … Tiens par exemple ma première auto…Tu sais bien cette vieille caisse grise, bruyante et tape cul que j’achetai dans les années soixante   Pour le coup elle présentait un confort spartiate dénudé de tout artifice ou accessoire superflu : simple toile de bâche tendue en guise de siège, volant en tube d’acier peint, tapis de sol en caoutchouc brut jeté  sur la tôle nue…Tout à l’avenant. Le plus étonnant était l’agencement des instruments au tableau de bord : une perle ! L’auto disposait  d’un compteur de vitesse et de rouleaux façon cadenas à chiffres qui vaille que vaille indiquaient les kilomètres parcourus ; pour compléter ce luxe inouï, un voltmètre affichait invariablement 6 quand le flat-twin de trois cent soixante quinze faisait son exercice physique ; la sécurité étant déjà primordiale, le constructeur avait conçu une commande manuelle d’essuie-glace : une petite rondelle de bakélite située à l’extrême gauche de la planche de bord, qu’il fallait tirer vers soi pour enclencher le va et vient salvateur en cas de méchante pluie ; et ça tournait ! Surtout si la carriole avançait !  A l’arrêt, c’était une autre paire de chaussettes ! Il fallait branler le système par un mouvement habile et saccadé du poignet gauche ! Mais, me diras-tu « Pourquoi nettoyer le pare-brise si l’auto est à l’arrêt ? » Ça n’a pas de sens ! Cependant, malgré le manque criant d’appareils inutiles, la caisse avait assez de coffre pour emporter le fermier et son fils, bobonne, ses poulettes et son panier d’œufs.

 

De nos jours, le maraîcher peut aller se rhabiller : les constructeurs lui proposent des voitures magnifiques au Cx surprenant, avec GPS intégré pour trouver sans peine le boulanger du village.

 

 

Mais quel bonheur pour son égo de paysan fauché de savoir que l’essuie-glace est couplé à l’électronique embarquée ! Cela évite au plus stupide pécore de s’occasionner une entorse au cerveau lors du brunch préliminaire à la mise en branle du nimbus d’Harry Potter. Enfin c’est si agréable de payer à crédit le coupé dont la capote s’éclipse au premier rayon du soleil levant ! Ah, le pied de faire sauter le tachymètre à la moindre poussée sur le champignon dangereux ! Ah l’extase de contempler la forêt d’aiguilles oscillantes sur fond de cadrans stylisés aux chiffres sibyllins sous lumière tamisée ou stroboscopique !

 

Afin de te rejoindre sur ton nuage de gros nounours, laisse- moi accompagner Icare dans son rêve… J’ai souvenance d’avoir bavé des ronds de chapeaux devant le poste de pilotage d’un des avions les plus mythiques qui soient ; Toi qui connais tout, tu sais de quoi je parle ! Il appartient au PV3 construit par Westland Houston. Un biplan fort amélioré  doté d’un super train d’atterrissage, d’une hélice démesurée, d’ailes à portance de folie. Un zinc capable de grimper à 32000 pieds malgré son cockpit ouvert à tous les vents. Un petit bijou avec un cœur de cheval ailé gorgé du sang de Méduse ! Et bien, ce coucou d’antan arborait un tableau bien modeste, propre à désaxer trois fois l’heureux propriétaire d’un ultra léger de base. Sans entrer dans le détail, sobrement en quelque sorte, voici la vitrine : en haut, plein centre, la bille ; ça c’est sûr, j’en suis encore retourné ! A gauche, le thermomètre pour savoir s’il fait froid, et aussi la montre  pour rappeler que le temps passe. Puis une fantastique série d’au moins quatre ou cinq cadrans juste sous le nez du pilote. Un point, c’est tout ! Rien de plus ! Il faut dire aussi que l’appareil n’avait pas les mêmes possibilités que mon vieux Savannah !

 

Il pouvait survoler le K2, lui ! Et même embrasser la Citadelle des Immortels, lui ! Mais il est vrai que sa base de départ était Purnéa ! On comprend pourquoi, avec le vent froid de la course, le pilote avait le Nez pâle derrière ses lunettes ! De plus en ces temps reculés, dans cette année chère à tous les toubibs du monde, on ne manquait pas d’air dans les postes de pilotage : on photographiait la montagne, on ne badinait pas avec le superflu. Les satellites géostationnaires étaient en gestation dans leur graine. C’était un autre temps, c’est du passé, n’en parlons plus.

 

Ici, chez moi, demain, il me restera le rocher de Roquebrune pour prendre mon pied, à pied, à VTT ou aux commandes de mon avion. Ainsi seront mes merveilleux accessoires… utiles : Je serai un ULMiste con-blé con-plètement con-ditionné, car c’est un fait : l’homme a besoin de joujoux pour faire semblant d’être heureux, mais que peut l’Australie pour dérider l’égo de sa compagne ? Que veux-tu, c’est le jeu, ma pauvre Lucette !

 

Adieu, dis donc, mon bon Gédéon !

 

André                    

 

ULMiste sans prétention

 

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Le trimestriel de la FFPlUM, fédération française d’ULM, a publié jusqu'en juin 2010 certains des billets gédéonesques. Ils sont signalés comme tels en bas de page, et mis en ligne après parution papier. Ceci ne vaut en aucun cas imprimatur pour les propos tenus ici.

Le Wiktionnaire cite Gédéon de Biyanvrac !

 

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Sans compter les nombreux forums qui relaient systématiquement les élucubrations Gédéonesques. Y compris en traduction automatique… doit pas être triste...

 

Mais aussi, bien entendu, le magazine ULMiste !

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