Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 09:46

 

cadets.jpgBon alors, voilà, la fédéplume invente les cadets ULM. Que ce truc-là, c’est une initiative pour faire voler les jeunes et que, jusque-là, Biyanvrac trouve que c’est très bien, de vouloir que les jeunes s’intéressent à l’ULM. Que c’est toujours mieux, voire simplement moins pire, que fumer de la drogue ou s’abrutir sur son DS. Et même pas incompatible, d’ailleurs. Bien.

 

Mais alors bon, disait-il, ce qu’il ne comprend pas bien. C’est que, au lieu de prendre des mesures concrètes pour vendre l’ULM aux jeunes, en leur expliquant à quel point c’est bon, gratifiant, jouissif, intéressant, intellectuellement enrichissant et humainement bienfaisant, non, juste, là, on résume la question à une affaire de pognon. Donc, si t’es jeune et que l’ULM t’intéresse, tout ce que la fédé te propose, c’est du fric. Pourquoi pas, après tout, c’est une des composantes essentielles et fondamentales du « problème ». Mais alors, là où le Gédéon tique, ce sont les raisons que la PlUM invoque pour justifier, sans doute auprès de ses propres et étatiques bailleurs de fonds, cette mesurette : entre autres, on te dit que cet argent est voué aux jeunes « qui se destinent à une carrière aéronautique ». Et, là paf ! Si, non, désolé, qu’il est, le Gédéon, mais paf ! D’où on a vu que l’ULM pouvait servir de porte d’entrée à l’aviation générale ? Parce-que, bien sûr quand on parle de « carrière aéronautique », il ne s’agit pas d’ULM, qui pourtant offre de belles perspectives et doit aussi songer à son avenir, qui n’existe pas sans professionnels.

Si cette invocation répond à un vœu pieux discutablement louable, la réalité s’y oppose. L’absence de carnet de vol rend l’expérience ULM irrecevable auprès de l’aviation « noble ». C’est une vérité réglementaire, mais aussi, voir surtout, une évidence de terrain. Quand tu vas faire de l’avion et que, par exemple, tu aurais des milliers d’heures d’expérience en ULM, en voyages transfrontaliers, en montagne, en hydro, sur skis, en tout terrain, bref, en tout ce que l’aviation noble ne connaît plus depuis longtemps, ben même là, tu fermes ta gueule et tu dis pas, que sinon on va te considérer comme un malade à soigner et ta formation sera plus longue ! Suffit d’aller sur la plupart des terrains et de tenter l’expérience pour faire ce triste constat. Mais là, ici, non, on te dit, en dépit de toute évidence, que si, on te finance ton loisir parce que, dans un coin de ta tête, t’as décidé de devenir un jour conducteur de bus ou de char d’assaut. Il est évident, que dit le Gédéon, qu’il y a, au mieux, aveuglement et quête insensée de justification…

 

Mais au-delà, cette idée pose une autre question : comment la fédéplume peut-elle seulement un instant participer, selon Biyanvrac, à ce qui ressemblerait à une sorte de « fuite des cerveaux » ? Que s’il existe des jeunes méritants et motivés, c’est bien dans l’ULM qu’on en a besoin, qui a largement fait la preuve, en trente ans, qu’on peut y mener de fort belles carrières et en croûter honorablement, contrairement à l’aviation de transport, dont beaucoup de pilotes, correctement diplômés et proportionnellement endettés, se replient sur… l’ULM, qu’ils voient bien que c’est là que ça se passe !

Alors que, dans le même temps, il n’existe aucune filière qui forme correctement nos professionnels d’aujourd’hui et de demain, qui sont, eux aussi, notre avenir. On forme des instructeurs, qui doivent ensuite se débrouiller en autodidactes pour apprendre la gestion, la compta, la mécanique, l’animation, enfin bon bref, tout ce qui fait les joies de l’ULM qui travaille.

 

Mais on s’égare, revenons à cette histoire d’ULM qui ouvre des portes à d’autres activités plus lourdes, sous-entendu plus louables. Que, le Gédéon l’a déjà dit, qu’il ne comprend pas pourquoi il faudrait ne pas être fier d’être ULM et considérer qu’il ne peut être une fin en soi ! Comme s’il ne pouvait se suffire à lui-même ! Suppose-t-on de l’automobiliste en herbe qu’il s’intéresse de facto aux autocars ou aux camions ? Au surfeur qu’il se destine à capitaine au long courer un encombrant pétrolier ? Au gamin qui s’amuse sur son kart qu’il finira chauffeur de char Leclerc ? Assurément pas, ces activités-là n’ont pas de complexe, considèrent qu’elles se suffisent et du reste ne se posent même pas la question.

 

Mais dans l’ULM, si. On n’en finit pas d’être complexés, y compris parmi les instances qui sont sensées nous représenter, donc nous donner de la confiance…

 

Et alors bon, le Gédéon, comme sans doute tous les vieux cons qui l’apprécient, a une pensée émue pour l’époque de sa jeunesse à lui, où il suffisait de venir sur les terrains, jouer du chiffon sur les hélices, regonfler des pneus, lire des livres, pour montrer sa motivation et gagner quelques heures de vol bien méritées…

 

Par Gédéon de Biyanvrac - Publié dans : L'ULM, c'est quoi ?
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Samedi 15 janvier 2011 6 15 /01 /Jan /2011 10:12

ULMiste3page1.jpgAlors comme ça, l’aviation légère serait une grande famille, qu’ils disent. Qui dit ça, que demande le Gédéon ? Justement, on va y répondre et on va bien rigoler, tiens…

Bon alors, entendons-nous et pour faire ce, définissons. En gros, la famille, on peut lui coller un aspect technique, aux règles indiscutables et un autre, bien plus amusant car il tendrait plus vers la métaphysique, voire même, faisons-nous peur, l’ontologie… tu peux rester, personne ne t’a insulté !

 

Bon alors, donc, techniquement, c’est quoi donc qu’une famille, que là le Gédéon mettra tout le monde d’accord ? C’est qu’on a des parents en commun, des frères, des sœurs, des cousins, des tantes, (dont certaines en ont), enfin bon bref, à des degrés divers et de façon plus ou moins lointaine, des ancêtres communs.

 

Bien.

 

Et alors, sur la suite, l’autre aspect, là, on va y venir, mais avant de poursuivre, arrêtons-nous un petit (voire grand) moment sur cette technicité familiale et reportons-nous sur notre petite aviation. Ainsi donc, toutes les disciplines de l’aviation auraient des parents en commun ? Ah ! Où ça donc, que demande, comme ça, Biyanvrac ? Pour rester concentrés sur le sujet, où ça que y’aurait des parents en commun entre, donc, l’ULM et l’avion ? Dis-y voir, pour voir ! Ah, tu vois bien ! Non, tu vois pas ? Viens voir : bon, Lilienthal, Wright, Mermoz, Ader, tout ça, ok. On peut décider que ce sont nos ancêtres communs, que c’est grâce à eux qu’on vole et tout. Dans une mesure certaine, ce n’est pas faux, ils ont montré la voie à partir de laquelle d’aucuns se sont éventuellement créé leurs petits chemins de traverse. Sauf que, depuis iceux, il s’est passé du temps et deux guerres, y’en a des, de ces ancêtres, qui s’en souviendront, paix à leurs âmes. Et alors donc, pendant que, au sortir des, l’aviation légère ne vivait qu’à coups de subventions publiques pour faire éclore les guerriers aériens de demain et autres conducteurs de bus, voilà que, bien plus tard, des beatniks mal barbus tractaient des cerfs-volants sur des plages australiennes et californiennes.

Et crac, elles sont là, les filiations. Que peut-être en effet il y a des ancêtres mutualisés loin là-bas, mais dans l’histoire immédiate qui fait ce que sont les familles, avec leurs règles spécifiques, leurs codes, leurs façons de voir les choses, de manger et de voter, l’ULM et l’avion, n’ont rien à voir. Comme le Breton et la Laotien, tiens, qui descendent tout deux du singe ou d’Adam selon sa religion, mais qui, dans les faits, ne se ressemblent plus tellement… Ça te plaît pas ? C’est pas la question, on est dans le factuel, mais voyons voir, donc, le discutable, que c’est là qu’on se marre.

 

Alors bon donc, finalement, on a d’un côté l’aviation légère, qui se définit ainsi et n’est devenue un loisir que pour la seule portion congrue qui reste. De l’autre, une nouvelle forme d’aviation, qui se veut exclusivement dédiée au loisir. Le Gédéon ne pose pas ici une échelle de valeur, il explique.

 

Et la famille, alors, que tu te demandes ?

 

Ben voilà, la famille, du coup, tu vois qu’elle existe, mais alors de loin, comme le Breton et le Laotien, voilà. Les codes ne sont plus les mêmes, l’habillement, les règles de politesse, les habitudes, les jouets, la façon de s’en servir, tout ça. Et ne fait pas dire au Gédéon qu’on se déteste par obligation, nenni ! On peut s’aimer. On s’aime. Mais on n’est pas du même moule. Point.

 

Et voilà que y’en a des qui, tout à coup, viendraient t’expliquer que « mais si, on est une grande famille, embrassons-nous » ! Puisqu’on parlait du Laos et que vu d’ici c’est pareil, le Gédéon t’offre à méditer ce proverbe chinois : « quand tout va bien on peut compter sur les autres. Quand tout va mal on ne peut compter que sur sa famille ». Bien. C’est donc quand ça va mal qu’on reconnaît sa famille. Que, finalement, elle gagne une certaine légitimité, au-delà de toute notion génétique. Voire, qu’elle peut se créer, sans aucun lien de filiation quelconque. Or, qu’observons-nous, entre l’ULM et l’aviation légère ? Que quand ça allait mal pour nous on était des sidéens et ça s’observe encore sur les dossiers chauds du moment, comme par exemple l’accès aux aérodromes ou le maintien des règles actuelles. Que quand on se cassait la gueule velu en direct, sous les commentaires du Jean-Claude Bourret, les autres de la « famille » enfonçaient le clou et exigeaient l’échafaud ! Et voilà que tout d’un coup, depuis que l’ULM a montré que tout va bien pour lui, merci, les voilà qui déboulent « on est une grande famille, embrassons-nous ! »

Enfin bon, « embrassons-nous » se résume surtout à prendre du pognon s’il y en a et à condescendre à voler sur nos machines, à la condition expresse, faut pas déconner, que ça ressemble aux leurs et qu’on adopte leurs codes. Et voilà donc la presse, par exemple, la presse. Celle-là qui, justement, nous tapait dessus allègrement, nous traitait volontiers de parias, voire, tout simplement, nous ignorait, qui s’en vient bouffer dans la bonne gamelle de l’ULM, vu que chez eux il ne se passe plus rien.

Parce que ça va bien, on est la famille. Que quand ça allait mal, quand, comme dit, ça va encore mal aujourd’hui, ou lorsque, demain, ça ira très mal peut-être, tu verras que les ceux-là, affirme le Gédéon, redeviennent et redeviendront des « autres », ceux qui ne sont là que quand ça va ! A l’inverse, on notera que l’ULM, lui, soutient sa grande famille même quand ça va mal pour les « autres », que pour éviter de lister on rappellera simplement que la patron du collège des fédérations aéronautiques est avant tout le patron de celle d’ULM !

 

Alors, famille, admettons. Mais restons lucides. Sans haine, hein, va pas te tromper. Mais justes. Et le fait qu’un mag ULM accepte de laisser le Gédéon rappeler ce petit fondamental est un signe fort de son implication active pour la préservation de notre petite famille à soi. Les autres familles s’occupent très bien (ou mal, d’ailleurs), d’elles-mêmes, n’allons pas, au contraire d’elles, marcher sur leurs platebandes. Qu’elles soient belles ou non. Que pendant que tu es chez ton voisin (ou cousin, d’accord !), tu n’es pas à t’occuper de ton jardin. Et ton jardin se meurt. Donc la presse ULM cause d’ULM. La presse avion cause avion. Et tout le monde s’en portera mieux, merci, surtout elle, que leurs lecteurs, eux, s’en balancent de la famille et commencent à être fatigués qu’on leur cause d’avion sans permis ! Mais disons-le ! Que ça, oui, c’est famille ! « Cousin, occupe-toi de tes enfants avant de venir laver le cul des miens », n’est-ce pas amour familial ?

 

ULMiste est le seul organe à publier un tel discours et pour montrer son adhésion, Biyanvrac s’abonne et regrette, tiens, qu’il n’y ait pas d’abonnement de soutien. 22 € pour préserver nos acquis sans opportunisme mais avec passion, c’est pas cher payé…

 

Billet publié dans ULMiste n°3, en kiosques jusqu'au 5 février 2011

Par Gédéon de Biyanvrac - Publié dans : L'ULM, c'est quoi ?
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Mercredi 8 septembre 2010 3 08 /09 /Sep /2010 04:35

 

hippie-20photos-20vieux.gifLe Gédéon, aujourd’hui, va te causer un peu philosophie. La vraie, pas la celle, à la mode depuis qu’on ne philosophe plus, qui ne consiste qu’à étudier l’histoire de la, mais celle qui va bien bien au fond des choses et propose. Et tu vas voir, d’ailleurs, qu’au final il va magistralement te démontrer que cette philosophie-là (la celle qui conceptualise, donc), se plante complètement, parce que, par définition, le concept est détaché de la réalité dont il prétend s’occuper.

 

Vois : alors par exemple, dans l’ULM, par exemple. Alors, il y a donc une réalité, qu’il suffit de faire le tour de quelques terrains pour en prendre la mesure. Puis, il y a du concept. De la « Philosophie », qu’ils disent, justement, qu’en fait, Biyanvrac s’insurge, que ça ne veut rien dire du tout, de mettre de la philosophie dans l’ulme. Quoi y-aurait-il de philosophique là-dedans ? Hein ? L’ulme, c’est onéreux, certes. Jouissif, sans doute. Agréable, à n’en pas douter. Ennuyeux, potentiellement. Intellectuel, oui, si on se cultive sur TF1. Sensitif, sportif, oisif, permissif, passe-moi le pif, tout ça autant qu’on veut et quel qu’en soit l’ordre. Mais, alors, la « philosophie » de l’ULM, le Gédéon attend encore qu’on lui explique où c’est qu’elle se trouverait donc. Un état d’esprit, pourquoi pas, même pas monotone. Bon ok, on serait pas prise de chou avec les règlementations inutiles voire néfastes, tout ça, bon. Mais ce n’est pas philosophique, ça. Quoique. Les grecs, repris par Montaigne après l’avoir été par tout le monde vu qu’on n’a rien inventé depuis eux, disent un truc du genre « philosopher c’est apprendre à mourir ». En ce sens, en effet, l’ULM peut être philosophique, mais le Gédéon a dans l’idée que ce n’est pas tellement cette idée-là qui prévaut au discours.

 

Bon donc, cessons de nous disperser. Que donc, la réalité de l’ULM, quelle est-elle ? Elle est multiple et variée, puisque 5 classes et tout. Mais, tout de même, au départ comme par la suite, le moteur est que cette chose-là peut permettre au plus grand nombre de voler sur une machine de sa propriété. C’est un fait historique et encore une pleine et entière réalité. Que si tu fais le tour des hangars, tu verras encore et pour longtemps une majorité de machines au tarif absolument accessible à quiconque vit et travaille dignement, toutes catégories sociales confondues. Et qu’avec ces denrées-là, les pilotes des font leur tour du bois vespéral pour leur plus grand bonheur. On pose donc ici la réalité.

 

Le concept, lui, est bien plus haut. Là où, justement, on le détache, pour en donner une définition plus ou moins et plutôt plus fantasmée : dans son bureau climatisé, par exemple, ou sur les fauteuils de quelque salon feutré, ou dans les cervelles des instances dirigeantes, dans les ateliers des constructeurs, voire encore, hélas, dans la presse. Là, le concept, il dit que l’ULM a envie d’aller sur tous les aéroports de la planète, qu’il veut faire le tour du monde, qu’il veut du train rentrant, du pas variable qui l’est, du tarif que la morale réprouve, du que plus c’est complexe plus ça fait prestige, bref, sommairement, pour résumer, arrêtons-nous là et en gros : singer l’aviation. cessna citation

C’est ainsi que le concept, en se détachant de la réalité, parfois parce qu’il se contente de n’en observer qu’une infime part, veut imposer son point de vue à tous et prétend dire ce qu’est désormais le vrai. Et que du coup, se détache vraiment de la réalité, au point que cette réalité, ne s’y reconnaissant plus, le fuit, le concept. Et le concept reste là comme un con, comme un pauvre pet blagueur qui s’annonçait ravageur mais ne sent pas plus mauvais que l’air ambiant... 

Un exemple, par exemple, et même deux. Le premier : la presse. Le concept de la presse est que l’ULM n’est composé que de machines lourdes, absurdement chères, complexes, qui brillent, qui volent toutes seules, asservies à des pilotes automatiques de bazar et des GPS de touriste, qu’avec ça, donc, tu pourras aller faire le tour du monde et surtout de tes environs. Bon. Soit. Qu’observe-t-on ? Que cette presse-là, qui veut ainsi imposer son concept, ne rencontre pas la réalité. Or, la réalité, pour un canard à vocation commerciale, c’est qu’il faut des lecteurs qui l’achètent et pas seulement des marchands qui sponsorisent. Du coup, en perdant la première part de la réalité (les lecteurs), la seconde (les annonceurs) suit la même voie et la boucle est bouclée : le concept n’aura pas construit une réalité. Laquelle se suffit à elle-même et poursuit son petit bonhomme de chemin, tranquille.

 

hb-yjx2.jpgUn autre exemple, donc, par exemple, qu’avait dit le Gédéon : la fédé. Celle-là, de fédé, elle est dans le concept aussi. De plus en plus ; et de moins en moins dans la réalité. Démonstration : jamais de son histoire récente (que nous placerons dans les deux dernières décennies), la fédé n’a exposé la moindre machine sur son stand officiel au salon ULM international de Blois. Pour une raison simple : la réalité imposait que pour qu’elle s’y accordât il eut fallu exposer une machine de chaque classe. Sans quoi, à juste titre ou non, les susceptibilités des uns et des autres, voire des unes, eussent-elles fait que les absents s’offusquassissent, sans parler qu’il y a des marques commerciales en concurrence dont il faut aussi ménager les sensibilités et subsides… Bon, donc, la réalité impose qu’il n’y ait point de machine, le seul laid mot fédérateur « ULM » suffisant à ce que tout le monde comprenne qu’il y a là harmonie avec la réalité. On est ici sur le stand des gens qui gèrent les affaires courantes et pressantes de l’ULM. « La grande famille ».

Et alors là, en 2010, on a conceptualisé. On a trouvé que l’hélicoptère ultraléger, pur concept sorti de cerveaux sans doute brillants, est désormais suffisamment représentatif d’une réalité pour qu’on décide que cette seule chose-là puisse illustrer la réalité…

 

Or, que dit le Gédéon, le drame est que jusqu’à plus ample informé, il n’y a pas d’hélico en ULM. Qu’on le souhaite, fort bien, Biyanvrac a déjà expliqué moult fois en quoi il n’est ni pour ni contre. Mais que, tout à coup, ce concept-là devienne réalité fantasmée au point que plus rien ne semble être fait pour, justement, la réalité susditement rappelée, interroge notre paysan au plus haut point, voire plus encore…

 

Le concept peut bien te raconter autant qu’il le veut que la banane, par exemple, serait un objet composé d’un manche de bois et d’une massette métallique dont l’assemblage judicieusement usité soulage efficacement les paumes du planteur de clous, tu sais bien, toi, comme le Gédéon, que la banane est un fruit exotique non contondant quoique oblong, de couleur anisette, cultivé par des esclaves et qui est bon à béqueter si tu le prends au bon moment, ni trop vert ni trop mûr.

 

Mais au final, la banane, comme réalité ou comme concept, ne laisse qu’une peau. Qui glisse.

 

Alors non, le concept ne devient jamais réalité. La réalité est consubstantielle à elle-même et se suffit. D’où il découle que la philosophie, que dit le Gédéon, c’est de la merde.

 

Mais diable, réalitons, que diantre !

 

Amen.

 

Par Gédéon de Biyanvrac - Publié dans : L'ULM, c'est quoi ?
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Mercredi 4 août 2010 3 04 /08 /Août /2010 10:49

 

osa-communes-conseil-logement-subventions-associations-subv.jpgBon alors, que le Gédéon, aujourd’hui, il va te causer de la subvention. Que ce truc-là, c’est de l’argent qu’on te donne aujourd’hui pour justifier qu’on te l’avait pris hier. Enfin, en saine gestion, que la mode est plutôt à te donner aujourd’hui de la tune qu’on te prendra demain s’il t’en reste encore…

 

Bon. Et alors ? Que tu te demandes. Et alors, que cette chose-là, elle peut avoir deux fonctions. Distinctes : une, servir la collectivité à des fins que cette collectivité aille bien, aime son voisin, etc. L’autre, éventuellement, que tu fermes ta gueule et c’est là que le Gédéon veut causer. Regarde.

 

Chaque ville et village de France comporte un stade de foot, une piscine municipale, parfois des cours de tennis et autres. Bien. Très bien, que « mens sana in corpore sano », et aussi que pendant qu’ils tapent dans un ballon les jeunes ne brûlent pas les cabines téléphoniques et n’embêtent pas mémé. C’est donc nécessaire, la société a besoin de cela, outre que, accessoirement, un jour il sortira peut-être de l’un de ces stades un client de pute de luxe qui ira défendre l’honneur du pays chez les métèques. Que la collectivité toute entière, donc, paie pour ces choses-là, Biyanvrac trouve qu’il n’y a rien à redire, surtout que, s’il est pas content, il n’a qu’à s’en servir, du gymnase, que personne ne peut l’en empêcher. Mais que le Gédéon il veut vivre vieux et que tu peux lui raconter « mens sana » autant que tu veux, lui a entendu le vieux Churchill « no sport », mais point trop ne digressons…

Et alors bon, donc, on peut ainsi considérer que ces choses-là qui sont sponsorisées par tes deniers au plus ou moins insu de ton plein gré, ne sont pas du loisir. C’est de l’investissement, sur la jeunesse, sur le bien être collectif, enfin bon, tu vois le genre.

 

Mais alors, quand le collectif, donc tout le monde, subventionne le pur loisir de quelques-uns, là il y a un souci, selon le Gédéon, qui partage cet avis. Un, c’est profondément injuste. Pourquoi que le boulanger, le carrossier, l’ouvrier et le patron paieraient pour ton petit loisir égoïste car non partagé à toi, d’aviateur ? Nuançons : d’aviateur ULMiste. Que l’autre, là, l’aviation qu’elle se dit elle-même « légère », que tu vas comprendre pourquoi outre que « de loisir » ça fait fumiste, elle peut être utile à la société. Que c’est des aéroclubs que peuvent sortir les guerriers aériens et autres conducteurs de bus de demain. Il y a donc possible retour sur investissement. De moins en moins, faut croire, mais passons et admettons le postulat. La subvention, dans les cadres justifiés jusqu’ici, est donc un investissement collectif « librement » consenti, que si t’es pas content t’as qu’à voter autrement le prochain coup.

 

Mais, donc, si on donne des ronds à ton loisir alors qu’il n’en a pas besoin, méfie-toi ! Si par exemple et au hasard, on te finance la moitié de ton Tour de France ULM alors que rien que le prix de ton jouet que tu t’es payé dignement avec ton denier honnêtement gagné, entretien le susdit stade municipal pour un moment, cherche bien où est l’embrouille. L’embrouille, il va te le dire, Biyanvrac. L’embrouille, elle est qu’on t’achète. C’est vieux comme les robes, cette combine. Ah, les agriculteurs sont pas contents, que le cours de la tomate est trop bas à cause qu’on a ouvert les marchés ? On va pas le refermer, le marché, trop simple, alors hop, on te file des subventions pour qu’ils plantent en avril et arrachent en mai. Et du coup, après, quand les pécouses en question remanifestent, c’est plus pour vendre les tomates, non, c’est pour que la subvention augmente ! Politiquement, quand t’en es là, t’as gagné ! Les filles des cités se révoltent, réclament les mêmes droits que les autres, refusent de rester enfermées dans leurs demi-ghettos de sous-citoyens en se droguant comme leurs frères ? Hop, subvention ! En prime, on va mettre la Falbala Amora au gouvernement, tiens, c’est funky à mort, ça, et la voilà mi-pute mi-soumise = acquise.

 

Bon, le rapport ? Le rapport il est que si on te file des ronds quand t’en as pas besoin, fais gaffe, le rapport. Que quand tu es sur ton petit ULM et que tu voles peinard, en pur loisir sans intérêt pour la société, que tu ne coûtes rien au collectif et que tu fais propre, tu peux ouvrir ta gueule quand on cherche à te nuire « pour la bonne cause ». Alors que, une fois subventionné « que mais si, faut faire voler les jeunes, faut des contrôleurs sur ton Tour, des comités régionaux, faut des barrières le long de ta piste et un hélico pour te surveiller », ben tu te tais, que sinon, cette subvention dont, très vite, tu ne peux plus te passer, ben y’aura plus !

L’ULM, donc, que le Gédéon c’est de ça qu’il cause. Pendant des décennies, cette denrée-là s’est démerdée toute seule, sans rien demander à personne. Que quand on voulait l’emmerder avec des lois et contraintes indues et injustifiées, il ouvrait sa tronche et tout rentrait dans l’ordre. Quand dans les années 80-90 le sénateur Parmentier (ou un truc dans le genre), voulait qu’on crève et qu’on lui a dit « tu vas voir on va aller tous se poser à Orly et bloquer le pays », t’as vu que ça a remis tout le monde d’accord.

Mais là, maintenant que le même Parmentier ou celui qui a pris sa suite ouvre éventuellement sa pensée néfaste, ben tu dois aller parlementier avec lui, dire « oui monsieur bonjour monsieur, merci monsieur » et lâcher du lest. Délire gédéonien ? Théorie du complot ? Faut voir. Pourquoi que pendant des années l’ULM s’est joyeusement contrefoutu de la visite médicale sportive imposée depuis toujours par Jeunesse et Sports (que ce truc-là est une invention du Front Popu, pour rappel) ? Hein, pourquoi ? En plein dans le mille ! Parce qu’on leur devait rien, à ces grattes papier et qu’en gros donc, la réponse à leurs exigences était « on t’emmerde ». Et pourquoi, donc, que d’un coup la fédéplume a dit « ok ok, vaste Bachelot, on va imposer la visite médicale à nos adhérents » ? Besoin d’un dessin, ou pas ? Et alors, s’agissant de Jeunesse et Sports, que vu le socio type ULMique faudrait plutôt un ministère « vieillesse et loisirs », passe encore, mais quand c’est la DGAC, que c’est elle qui fait les lois (si si, crois pas qu’on perd du temps à causer d’ULM au parlement), tu fais comment, toi, quand t’en es au point que ton budget de fonctionnement ne peut plus se passer de ses subsides ?

 

Quand tu sais qu’en plus, le dit budget, dans le cadre des lois organiques de rentabilité machin, est fourni par les compagnies aériennes via leurs taxes et redevances, bah tu pèses plus rien, toi pauvre microbe de loisirs, face à l’extension des TMA et autres CTR, par exemple. Et tu te tais. Et tu relaies et applique des CDN illégales, et tu fais semblant de bouger encore un peu sur les ZIT, histoire de sauver la face…

 

Et tu continues ton petit Tour de France encadré par la DGAC et subventionné par tous*, tout convaincu et fier d’avoir gagné en légitimité et reconnaissance…

 

*Oui, tous. Dans nos contrées, tout le monde paie pour tout et tous, y compris le clodo qui achète son kil de vinasse. Lui aussi te paie tes heures de vol.

Par Gédéon de Biyanvrac - Publié dans : Généralités ulmiques
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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 17:45

ULMagCourrier06072010.JPG

 

 

Bonjour Miguel,

 

Permets-moi s’il te plaît de t’apporter quelques précisions dont tu feras ce que tu veux :

 

Gédéon de Biyanvrac n’est pas un pseudonyme, mais un personnage, que j’assume totalement ici : http://gedeon.de.biyanvrac.over-blog.com/pages/Cest_qui_donc_-494294.html

Ce qui n’a rien à voir avec un pseudonyme. Vernon Sullivan est Boris Vian, mais Tintin n’est pas Hergé, qui lui, reste Georges Rémi.

Le « travail » de Biyanvrac n’est donc aucunement journalistique, mais simplement caricatural, humoristique, drolatique… ou pas, on a tout à fait le droit de ne pas aimer.

 

Il n’est donc pas question d’y chercher le travail d’un journaliste qui démonterait celui d’un confrère. Ce qui, soit dit en passant, n’est pas condamnable en soi tant que l’on reste courtois et serait même très sain, à y regarder de près. Surtout lorsque le journaliste épinglé trahit une relative méconnaissance du sujet discuté. Lui apporter, alors, la contradiction est parfaitement constructif, voire généreux. Or, l’édito épinglé par Gédéon comporte, c’est un fait, de nombreuses inexactitudes, approximations et idées reçues. Tu noteras que lorsque tu causes de technique personne ne te contredit, car ici tu excelles.

 

En ce qui me concerne, il ne s’agit pas d’une affaire personnelle, contrairement à ce que tu sembles croire. Et non, je n’ai jamais envisagé de lancer un magazine sur internet, il n’y a donc pas de « jalousie ». J’ai lancé ULMiste qui me nourrit dès le premier numéro, tandis que les modèles économiques existants sur internet n’ont encore pas fait la preuve de leur pérennité. La preuve est que la plupart des « webzines » se déclinent désormais sur papier pour pouvoir subsister : Rue89, Backchich, Mediapart, @si, etc. (vente de contenu ou titre propriétaire).

Par conséquent, nous ne sommes même pas concurrents et encore une fois, il n’y a rien de personnel là-dedans. Pas de mon côté en tous les cas. En ce qui te concerne, il semble qu’en effet tu aies quelque animosité à mon égard, d’où tes invectives plus ou moins fleuries qui n’auront jamais de réponse, je suis un gentil. Je n’en prends pas ombrage et quand tu dis des choses qui me semblent intéressantes, je les relaie volontiers comme ce fut le cas dès le numéro 1 de ULMiste. Ce qui ne t’empêche pas de prendre la mouche et confirme mon sentiment.

 

Bien à toi, beaux vols, longue vie à ULM@g !

 

Pierre-Jean le Camus

 


Par Gédéon de Biyanvrac - Publié dans : Discussions
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