« Mon cher oncle Gédéon,
A la suite de ma précédente missive, dont je vous sais gré pour l’avoir bien voulu offrir en lecture, je reçus, à ma grande surprise, des lettres à foison, de certains de vos lecteurs. Mon étonnement fut tel, que non seulement je ne m’y attendais certes guère, mais je découvris, dans une certaine peine, que vous avez parmi vos fidèles des esprits de grande finesse.
Je dois donc confesser que je regrette avec amertume de les avoir pu affubler de qualificatifs fort peu laudateurs, bien que mon esprit persiste à ne pouvoir admettre qu’ils gâchassent ainsi leur temps et leur cervelle à subir vos affligeants discours.
Je voudrais ici, si toutefois vous n’y trouvez point d’inconvénient et du reste même si c’était le cas, vous faire présent de quelques commentaires, qui je n’en doute point, connaissant votre âme, vous ouvriront sans doute quelques perspectives de réflexion pour les semaines à venir.
J’ai relevé une contradiction sur laquelle vos lumières seront bienvenues, et qui introduit fort à propos la suite de mon interrogation, que je vous soumettrai ultérieurement, suivant votre réponse.
Le 17 avril de l’an de grâce courant, vous évoquâtes un rapport publié par la Direction de l’Aviation civile, dont vous eûtes la bonté de préciser le lien. Je l’ai donc parcouru avec une grande curiosité, connaissant votre propension à étirer les vérités dans le sens qui vous convient. Or, je confesse que je dus me rendre à l’évidence, et admettre qu’en effet selon ce document fort crédible, puisque rédigé par des gens raisonnables, l’aviation sérieuse, c'est-à-dire certifiée, et l’irresponsable, à savoir la vôtre, semblent bel et bien, sur le plan de la sécurité, en tous points semblables, avec même, toujours selon ce document et comme vous le pointâtes avec délices, un léger avantage à l’ULM, puisqu’il faut enfin me résoudre à le nommer.
Or, dans la suite de vos oiseuses élucubrations, vous avez pu ici ou là trahir d’une part l’absence de carnet de vol que vous vous entêtez à prendre pour acquise, et d’autre part la relative voire même avérée nonchalance passablement absolue dont font montre vos pairs vis-à-vis de l’obligation légale qui est faite de déclarer scrupuleusement tout incident. Or, et à moins que je ne me trouvasse induit en erreur au point de n’y voir plus clair, ceci laisse poindre de manière tout à fait limpide l’idée que cette étude reposerait en vérité sur des fondements non pas seulement fragiles, mais inexistants.
Souffririez-vous de bien vouloir avoir la bonté de nous expliquer cela ?
Avec mes plus entiers respects familiaux et mon dédain aéronautique,
Gutrille Tèteudcont
Ingénieur
gutrille.teteudcont@gmail.com »
Réponse :
Ah ben voilà autre chose, le Gutrille qui découvre l’eau tiède ! Tout ce que ce pédant discours lui inspire, au Gédéon, c’est que s’il faut être ingénieur pour comprendre ça, c’était bien la peine de lui payer des études, au nain à sa conne soeur, tiens !
Alors bon, le Gédéon, il répondra sous forme de question, comme ça : si vraiment ce rapport était crédible, tu crois pas qu’on en entendrait un peu plus causer, non ? Tout ce qu’il démontre, ce rapport, c’est que décidemment les ceux qui nous gouvernent, ceux-là que tu trouves "raisonnables", ne savent ni de quoi ils causent, ni ce qu’ils font… et c'est nous qui paie ! Bienvenue dans le vrai monde, Gutrille !
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Le Gédéon, à ce qu’il
voit bien, comme toi, il trouve qu’il y a tout de même
beaucoup de rivalités,
dans les loisirs aériens. Si tu regardes bien, en prenant tous les pratiquants français d’une activité aérienne, tu remplis pas le Stade de France. C’est factuel, ça, il invente rien, le Gédéon.
Le Stade de France, il est plein sans arrêt pour voir des types courir après un ballon, il se remplit pour entendre les pets verbaux bigarrés du conseiller culturel et religieux du Président, ou
les vocalises jaunies de son futur ex meilleur ami, mais si tu prends absolument tous les pilotes de loisir de France, et que tu les mets là-dedans, il reste encore de la place, dans les gradins.
Ça pèse vraiment pas lourd, donc, les loisirs aériens.
Il faudrait donc
peut-être leur expliquer, aux parapentistes, qu’il ne suffit pas de se fringuer avec du lin, d’avoir les cheveux sales et des sandales « équitables » pour être écolo. Tiens, en causant
d’équitable, parce qu’ils ont aussi un peu un côté alter mondialiste, « free Tibet » et tout ça, les intégristes du libre, il faudrait peut-être aussi leur rappeler que les parapentes,
dans leur immense majorité, sont fabriqués en Asie par des gamines qui triment 15 heures par jour pour genre 10 € par mois, que là, pour le coup, le côté « je suis écolo, je respecte ma
planète, et vive le monde meilleur », là aussi, faudra repasser un autre jour, et merci. Il faudrait qu’ils admettent, ces jeunes idéalistes, que le risque des postures passablement
fanatiques comme celles qu’ils arborent parfois est que précisément, ils s’exposent à ce que l’on exigeât d’eux qu’ils fussent cohérents… or ils ne le sont pas.
Donc
bon, un peu comme pour les moteurs électriques évoqués le 14 avril, il veut bien, le Gédéon, qu’il y ait des rivalités entre libéristes et vroumeux, mais faudrait voir à user de vrais arguments,
car ce faisant, ils verront vite qu’il n’y en a pas, de différence, sinon que celui qui « pollue » avec son moteur sur le dos, lui au moins, il vole quand il veut, pendant que les
parapentistes, eux, ils restent le cul sur leur décollage écologique aménagé à coups de tronçonneuse et recouvert de moquette en plastique, à chanter comme l’autre « dès que les vents
tourneront, nous nous en allerons ».
Les dictons populaires disent comme ça que « ma liberté s’arrête là où commence celle d’autrui », et aussi que les intérêts collectifs priment sur les intérêts particuliers.
Après, selon l’angle de vue, le Gédéon trouve que ça veut tout dire et son contraire, ces idées-là. Si tu regardes bien, en fonction du type de régime politique que tu as, d’un côté on t’accorde
une liberté que parfois on restreint, et de l’autre on ne t’accorde aucune liberté, mais avec quelques exceptions. Selon le dosage de l’un ou de l’autre, on peut obtenir le même résultat.
Comme annoncé il y a quelques jours,
voici le Gédéon qui te raconte l’histoire des Weedhopper et autres X’Air. Alors bon, au départ, on a la Demoiselle de Santos Dumont, que celui-là c’est un Brésilien qui vit en France. C’est en
1909 qu’il fait voler ça pour la première fois, et qu’il lui donne le nom de Demoiselle, à cause que ça ressemble à un criquet, et que demoiselle, c’est une race de criquets (
Pour rigoler, on donne au JC24 le nom de
« Weedhopper », qu’il faut que le Gédéon t’explique. Demoiselle, la marque de criquets, en anglais, ça se dit « grasshopper », ce qui signifie « sauteur d’herbes »,
vu que ça saute plutôt que ça ne vole. « Weed », c’est les mauvaises herbes ; le weedhoper est donc un sauteur de mauvaises herbes, en hommage au grasshopper.
en Europe. Sa boîte s’appelle alors Fulmar, puis devient Ultralair, en 1983, en s’associant avec Marc Mathot. Ils font considérablement évoluer le
concept Weedhopper, qui devient biplace, puis trois-axes. Que le Gédéon, il faut qu’il te raconte : y’en avait déjà, des rétrogrades, qui criaient au scandale en disant que dès l’instant
qu’il y avait des ailerons c’était plus un ULM… AX3, que ça s’appelait avec le troisième axe.
e Mistral et l’Albatros, de reprendre le concept Weed. Ils s’associent avec un français qui
bosse en Inde, Joël Koechlin, que sa boîte se nomme Rajhamsa. Il y fabrique des deltas et pendulaires. Le X’Air est né, et d’ailleurs au départ il s’appelle le X’Pair. Au bout d’un moment
survient un pataquès que le Gédéon te racontera pas pour pas avoir d’emmerdes, Aviasud met la clé sous la porte, et RandKar, une boîte française établie près de Nantes, prend les droits de
commercialisation du X’Air pour le monde entier, à part l’Inde bien entendu.




