Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 19:05

 

Bon, alors, le Gédéon a fait sa petite revue de presse, comme ça lui prend parfois. De presse aéronautique, bien sûr, pas de celle qui réinvente la vie de nos stars ou relaie les communiqués du Palais.

 

Et alors bon, il a observé, Biyanvrac, que ces temps-ci un truc est à la mode, que tous les magazines ou presque sont allés voler dessus : le WT-9 Dynamic turbo. Bien sûr, il ne s’agit que d’un flot de louanges, une « battle », comme disent les djeunz que tu vois bien que le Gédéon est pas si décalé que tu le crois,  une « battle », donc, de léchage de bottes de la machine et de son distributeur. Biyanvrac ira pas jusqu’à entretenir l’idée selon laquelle le but d’un magazine est d’appâter les annonceurs, non, pas de ça chez lui, que du reste cette idée s’entretient très bien d’elle-même, merci. Surtout quand le magazine en question prend la peine de te rappeler que la structure qui distribue ça a déjà vendu plus de 100 ASH 25 et 30 à 300 000 € le bout…

 

Ce qui le peine, le Gédéon, est que cette machine-là est un « LSA à la française ». Bon, très bien, et alors ? Et alors, que ce truc-là, c’est une invention bureaucratique pour permettre aux LSA américains de voler sous nos cieux autrement que sous laisser-passer. Qu’en France, n’est-ce-pas, on sait mieux que tout le monde, donc plutôt que de dire « ok, c’est certifié dans son pays, donc ça doit pouvoir voler en France sans souci, welcome, benvenuto, marhaba, tout ça », non, on invente tout un tas de règles et de conditions en plus, en moins, bref, plus grand chose à voir avec le LSA d’origine. Soit dit en passant, on nous disait, depuis dix ans, que ce marché allait exploser. Or il n’explosa point, puisque moins de 2000 avions ont été vendus sous ce régime en 6 ans dans ce pays qui compte plus de 300 000 pilotes privés… ce que l’on appelle, commercialement, un fiasco, que dit Biyanvrac. Et c’est la raison pour laquelle les constructeurs, majoritairement originaires de l’ancienne Union Soviétique, ont fait pression et continuent d’œuvrer pour que leurs produits puissent voler légalement sous d’autres cieux…

 

Mais on s’égare, on se perd… que là où il veut en venir, le tordu, c’est que, depuis des années, cette chose-là était un ULM. D’ailleurs « Volez ! » semble être bloqué sur cette idée, vu que ce même Dynamic turbo y est présenté comme un ULM, ce qui pour une machine de 350 kg équipée d’un 914 serait une sorte de première. En tous cas, assumée comme tel. En passant, le Gédéon note que ce seul turbo de chez Rotax pèserait près de 50 kg, vu que la seule adjonction de cet appendice fait grimper la balance d’autant, mais bon, hein, ne soyons pas mauvaise langue…

 

Donc, bon, sauf « Volez ! » qui s’est un peu perdu en route, les autres se réjouissent de ce que, enfin, cet avion soit un avion, et non plus un ULM. Et tant mieux ! Biyanvrac t’a déjà expliqué depuis des années, toi qui suis son blog, en quoi le LSA et autre ELA mettrait de l’ordre dans le grand bazar des « ULM » haut de gamme, qui ne le sont que par le prix et la masse à vide, vu que, côté utilisation, tourner en rond autour de son terrain avec 18 litres à bord, c’est plutôt bas de gamme, côté pratique… le Gédéon, lui, il fait ça très bien avec son merdier à 1000 €, merci. Que là non, avec, enfin, 600 kg au décollage, on peut, en restant toutefois verticalement diminué et gastronomiquement ascétique, enfin, décoller avec les pleins de carburant. Bien, bien, tant mieux, encore une fois.

 

Avant que tu ne comprennes où le Gédéon veut en venir, toi qui es déjà perdu, revenons un peu sur l’histoire.

 

Au début était l’aviation. On ne se posait pas tellement la question de savoir si c’était légal, autorisé, permis, certifié ou quoi que ce soit, non. On bricolait son truc chez soi et on allait voler avec… Tenter de, pour être précis. Puis, l’Etat régalien, celui qui veut faire ton bonheur malgré toi, est venu mettre son nez là-dedans et c’était le début de la fin. Qu’on certifie des machins destinées à transporter des touristes, Biyanvrac n’est pas contre, à condition que ce soit l’Etat qui y veille et non pas le constructeur lui-même. On en est donc loin. Mais que, s’agissant de machins de prolos destinés à tourner en rond, dans un rayon plus ou moins important, autour du terrain d’attache, il a déjà été démontré moult fois que ça ne sert à rien. La preuve par l’ULM, dont on a dit que ça réinvente l’aviation. Et c’est rigoureusement exact. Au-delà des aspects techniques, les pionniers de l’aviation étaient des ULMistes, au sens réglementaire : auto-responsables !

 

Mais, lorsque l’ULM s’est développé, la presse d’aviation noble, celle qui a besoin qu’on la lui tienne pour viser droit, a non seulement ignoré cette chose, mais encore, a déversé son flot de critiques : « c’est tout pourri, c’est la honte de l’aviation, ces beatniks sont mal formés, font n’importe quoi, leurs machines sont bricolées au fond du hangar et tout ça. » Enfin, pas tous et pas tout de suite, mais sommairement. Par exemple, le magazine « Pilote Privé » fut le premier à parler d’ULM sous toutes ses formes et même, avant cela, de deltaplane, que le fondateur et dirigeant de l’époque, Alain-Yves Berger, fut le premier à nommer ça du « vol libre », définition qui a été reprise dans le monde entier et qui donna, avec son accord et sur ses conseils, le premier magazine éponyme ! Depuis, ce mag a changé de mains, se nomme « Aviation et Pilote », cause avec déférence de ce qu’il se passe dans les grandes compagnies et teste, donc, ce truc turbo. Enfin, teste : un petit vol vite fait, juste histoire de constater, en s’en réjouissant, que c’est bien beau, bien équipé d’écrans, de pilote automatique, de cuir, de train rentrant, de tout ça qui fait que c’est avion qui plaît, puisque c’est un machin que tu t’assois dedans pour le regarder voler, en croisant les Spoutniks tellement que tu voles haut. Tu vas pas en plus vouloir admirer le paysage, non, c’est pas fait pour, que de toutes façons, vers le bas, y’a rien que des ailes tout plein.

 

Dans « Aviasport », on est dans le même ordre, sous la plume, toutefois, du Chabbert, ce qui rend la lecture un peu plus digeste à un Biyanvrac qui aimerait savoir écrire et qui, à défaut, se contente de réfléchir.

 

Mais alors, bon, pas un seul qui rappelle que si ce formidable avion existe, que le Gédéon admet l’idée que c’est formidable si on aime faire du simulateur volant plutôt que de piloter un aérodyne, pas un seul, donc, qui rappelle que si ce truc existe c’est grâce à l’ULM. Grâce aux facilités réglementaires que cette presse a tant conchié pendant des années, voire combattu, que les fabricants ont pu explorer des pistes, chercher tous azimuts, alléger, consolider, tester des moteurs alternatifs, améliorer les performances. Dans leur système où le mec qui dit bonjour à celui qui demandera à un autre de regarder s’il est temps de changer les bougies doit lui-même être titulaire de la qualif qui va bien, leur Dynamic turbo n’existerait pas. Et n’existe pas, d’ailleurs, fin de la discussion.

 

Qu’ils oublient de le rappeler, le Gédéon s’en fout. Mais que jamais, nulle part, sur aucune ligne, ils ne reconnaissent que, pendant les années où ils militaient contre nous, ils se sont fourvoyés, Biyanvrac trouve que c’est persister dans l’erreur. Et c’est assumé et pas fini, d’ailleurs, qu’ils n’hésitent pas à regretter, dans leurs essais du WT-9, que l’avionnique ne soit pas certifiée ou que le vol de nuit ne pas « pas encore », est-il carrément écrit, autorisé… alors, qui réinvente l’aviation, là ?

 

 

 

La seule bonne nouvelle est que ce LSA, comme déjà dit et expliqué, va enfin mettre de l’ordre, chacun restera à sa place et ces mags n’auront plus à se renier à aller voler sur nos méprisables ULM en se bouchant le nez, machines qu’ils consentent à regarder, toutefois, à la condition expresse et non négociable que ça ressemble à des avions…

 

Pendant ce temps-là, « Vol Moteur », qui fut le seul magazine à défendre becs et ongles l’ULM pendant des décennies, vient de choisir de ne plus causer de ce LSA maintenant qu’il existe, après nous avoir pris la tête avec pendant dix ans, alors qu’il n’existait pas…

 

Ainsi donc et pour conclure, tu comprends mieux, désormais, pourquoi la fédéplume achète des pages de pubs partout sauf dans ULMiste : ici, elle n’a nul besoin de porter la contradiction à des malfaisants ! Et tant mieux pour ses finances.

 

 

 

Billet publié dans ULMiste n°8 « mars-avril 2012 »

 

 

 

Edit. : Suite à la publication de cette chronique, il a été signalé au Gédéon que Bernard Chabbert a publiquement battu sa coulpe sur son forum (lien), le 14 novembre 2011 : « Pour ma part, j'avoue humblement avoir fait partie de la caste imbécile des "avionneurs" un tantinet méprisants quand les "ulmistes" se battaient pour exister puis se développer. » Expliquant ensuite qu’il s’est intéressé à l’ULM quand des raisons médicales le lui ont imposé… ce qui est tout de suite moins classe…

 

 

 

Par ailleurs, contrairement encore à ce que dit Biyanvrac, Vol Moteur n’a pas décidé de ne plus causer du LSA puisqu’un reportage est consacré à son salon annuel. Néanmoins, ça reste un magazine « 100% ULM »…

 

Par Gédéon de Biyanvrac - Publié dans : Généralités ulmiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 15:21

180px-Paramoteur-copie.jpgLe Gédéon t’a déjà dit, à toi qui le suis sur son blog, ce qu’il pense globalement du paramoteur, qu’en gros et pour résumer, il en pense plein de bien, bien au contraire ! Il l’aime bien, le petit ULM et c’est pour ça que, des fois, il lui tape un peu dessus, y paraît que c’est bon signe…

 

Et alors bon, vu que tu lis ULMiste, tu es au courant des trucs en cours dans le petit monde du paramoteur, mais avant de développer plus avant, que le Gédéon est un punk, il s’en fout, il balance ce que le policé magazine présentement étouffe ou dit à demi-mots, avant donc, un petit rappel de ce que disait Biyanvrac du paramou il y a quelques années. Il en disait que, en substance, dans la grande famille de l’ULM que soi-disant on compose, le paramoteur serait un peu l’ado boutonneux qui renie sa famille sauf à l’heure des repas. Que pendant ce temps-là, les autres se prendraient au sérieux, quelque-part, mais avec un minimum de reconnaissance et de savoir-vivre.

 

Et alors, crac, on est en plein dedans, dans la démonstration, encore une fois et s’il était encore nécessaire, n’en jetez plus, de l’incommensurable clairvoyance du Biyanvrac (Gédéon Galouzeau de…) !

 

Le paramoteur, l’Etat français lui a proposé d’être déréglementé. Point. Pas un peu, pas plus ou moins, pas des fois oui des fois non, non, ils lui ont dit, comme ça, au paramoteur, les tas français, ils lui ont dit « va, débrouille-toi, fais comme ton grand frère du vol libre, assume-toi tout seul et vole de tes propres ailes… »

 

Et alors, c’est là que le paramoteur fit montre de sa boutonnitude, les voilà qui ont dit à la FFPlUM « oui mais non, on veut pas se débrouiller tout seuls, on est cro petits, faut encore nous la tenir ». Fort bien, la fédéplume, qui a vocation à faire ce que ses membres demandent, est donc revenue vers les tas pour leur dire « oui mais non, ils veulent pas » - « proposez-nous donc une refonte de la réglementation, un truc applicable, en lieu et place de ce salmigondis d’arrêté de 1998 qu’on va pas tarder à le foutre au feu » qu’ils ont répondu, l’Etat français. Bon, le coup du feu, t’affole pas, c’est le Gédéon qui déraille et rêve tout haut, hein, va pas croire… m’enfin, ça pourrait quand-même venir et on en recausera, tiens. Et alors, donc, voilà qu’un nouveau texte est proposé, tout ça, t’as qu’à aller voir page 52 du présent numéro, c’est tout bien expliqué.

 

Et alors, donc, maintenant que t’as relu l’article, revenons à la suite et développons le paragraphe « réactions ». Que là, le Gédéon, si on lui permet cette expression, est comme le paramotoriste du dimanche qui tente de décoller : sur le cul !

 

Voilà que, avec une parfaite mauvaise foi, des pilotes de paramoteur qui trahissent, par leur discours, leur peu d’implication dans l’activité, qui ignorent tellement tout qu’ils ne savent même pas que cette fédéplume, pour imparfaite qu’elle est, est la seule instance qui les représente et fait, avec un trop grand zèle parfois, exactement ce que les usagers lui demandent, s’en viennent aujourd’hui sortir des grands discours… la définition du, le Gédéon le rappelle est tu dis des trucs, tout plein, pour ne rien dire. Que la fameuse pétition en ligne, le Gédéon te met au défi de comprendre ce qu’elle demande. Tout à la fois moins de réglementation, mais en même temps plus (respect de la norme vol libre, par exemple), et pour finir un retour à « l’ancienne réglementation ». Paf, les voilà pris à leurs propres contradictions : les pilotes paramoteur, dans leur majorité, n’appliquent pas les textes en vigueur, mais certains militent pour leur maintien. Avec, comme dit dans les pages sérieuses du présent numéro, un courrier circulaire dont le Gédéon voit bien qu’il vient du même endroit et tout aussi anonyme, qui invite les constructeurs, dans un anglais des campagnes, à ne surtout pas appliquer le texte actuel…. Bref, on se marche sur les suspentes… on revient à la famille à l’heure du repas, mais en plus on se permet de dire que la bouffe est pas bonne…

 

Voilà des gars qui feignent de ce pas savoir ce qu’il se passait, que disait le Gédéon, mais à la réflexion, peut-être qu’en effet ils ne savaient pas… car pour savoir, il fallait être adhérent à la fédéplume ou alors, alternative saine et intelligente, lire la présente publication, qui avait tout bien expliqué dès le numéro 1, ce qui avait du reste suscité un débat au Mondial du paramoteur de la même année 2010. Donc, celui qui ne savait pas, ne lit pas la presse spécialisée (ou alors, peut-être se contente-t-il de « Parabisounours »), n’est pas à la fédé, ne vient pas sur les rassemblements, ne parcourt aucun forum, bref, il vit dans une grotte, ce qui est, Biyanvrac le professe, son droit le plus absolu. Mais alors, un minimum de modestie exigerait tout de même d’admettre que, ne sachant pas hier, on ne sait pas plus aujourd’hui ou alors, qu’avant de l’ouvrir aujourd’hui, on admet ses carences d’hier et on rattrape son retard, enfin bon, tu vois l’idée…

 

Et alors, bon, voilà qu’on nous reparle de déréglementation, que ça serait la solution à tous les problèmes, etc. Admettons. Croyons, même, que. Sauf que, si on n’avait pas amené cette idée comme des bourrins comme ça a pu être le cas, mais qu’un minimum de pédagogie avait été appelée à la rescousse, peut-être qu’on n’en serait pas là près de cinq ans plus tard, c'est-à-dire non pas seulement au même point, mais encore bien plus loin de l’idée. Et, surtout, que ceux qui réclament aujourd’hui cette dérégulation n’oublient pas que, si le paramoteur est en France un ULM quand presque partout ailleurs il ne l’est pas, ils en portent la responsabilité historique, eux qui en avaient décidé ainsi en leur temps…

 

Ceci posé, oui, le paramoteur est un ULM et c’est le plus ULM des. Ce qui ne lui interdit pas de se voir appliquer des règles spécifiques et adaptées…

 

Enfin bon, comme dirait l’autre, « bref, le Gédéon a causé du paramoteur »...

 

 

Billet paru dans ULMiste n°7 (décembre 2011-janvier 2012) 

 

 

Par Gédéon de Biyanvrac - Publié dans : Réglementation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 15:18

hanson-plane-crash3.JPGLe Gédéon est bien emmerdé… que quand on lui a donné sa mission pour ce numéro de ULMiste, ce fut « tu causes des accidents ». Et alors là, bien emmerdé qu’il est, Biyanvrac, donc. Son truc à lui, vois-tu, c’est de faire sourire tout en causant de machins sérieux et inversement. Pas certain que ce soit toujours réussi, mais bon, si tu veux, l’idée est là, au départ. Qu’avec cette affaire d’accidents, le Gédéon voit bien que c’est le bâton merdeux qu’on passe au pouilleux rigolo parce qu’on sait plus par quel bout le prendre, et que le Gédéon, lui, il trouve que les vautres, ça ne peut être ni drôle ni sérieux, donc pas pour lui… Des gens qui meurent, ça n’est drôle que quand c’est des métèques qu’on dézingue pour leur voler leur pétrole et des accidents d’ULM, ça n’est pas sérieux. C’est dramatique. Pas pareil.

Et alors donc… il t’a dit qu’il est emmerdé, Biyanvrac ? Mais, en bon professionnel de la chronique ULMique qu’il est, prenant à bras le corps sa mission, son sujet, son courage et sa souris, le voici à commencer par le commencement de toute écriture plus ou moins journalesque : la compilation d’informations. Qu’on va pas partir dans des statistiques, non, l’idée n’est pas là. Juste, l’ambition, quoique gigantesque, est pourtant simple et assez peu critiquable : faire en sorte qu’il n’y ait plus personne qui se tue dans son ulme. Non pas qu’il ne faille pas mourir, non ! Le Gédéon, en homme de la terre, sait que tout est mortel et finit en engrais, mais bon, quitte à clamser, autant le faire proprement, dans son lit, comme tout le monde ou presque. Que là, quand tu meurs dans ton ulme, après, les ceux qui restent, y disent comme ça que c’est l’ulme qui t’a tué et du coup ça fait chier ceux qui voudraient bien croire autre chose et continuer de voler, merci. Qu’on leur cause, alors, de règlements qui vont durcir, de formations qui vont se renforcer, de tu vas voir c’que tu vas voir ! C’est ça qu’il a trouvé, le Gédéon, en fouillant partout dans l’arbre à connaissances qu’est l’internet.

Et ça, cette affaire d’histoire que c’est l’ulme qui tue et non pas, la drôle d’idée, le pilote qui peut-être aurait eu un moment d’égarement (éventuellement et dans l’attente des résultats de l’enquête, bla bla), y’a pas que les scribouilleux de PQ (presse quotidienne), avionneux complexés et autres ennemis en tous genres qui le disent. Oh que non ! Même et y compris chez nous, dedans, comme par exemple tel comité régional fédéplumesque qui fait tourner une circulaire, comme ça, annonçant que tel a « payé le prix fort pour sa passion ». Ce qui signifie bel et bien et indiscutablement que, selon ces gensses-là, c’est bien l’ulme qui tue et non pas le pilote qui, éventuellement et dans l’attente des résultats de l’enquête bla bla, aurait eu un moment d’égarement, voire aurait merdé grave. Ah ben non, ça, jamais, que quand un se vautre, selon ses copains de hangar, c’était le meilleur, le plus prudent, le plus machin et chose, tout ça. Donc, en gros et pour résumer, le Gédéon trouve, comme ça, sur son arbre à connaissance, que l’ULM ça tue, bon, ok. Que ce serait le prix à payer. Pourquoi pas. Mais, non seulement ça, mais en plus, ce truc tue exclusivement les meilleurs d’entre la crème des pilotes !

Et alors là, le Gédéon, il va faire une courte pause dans son laïus et s’adresser à toi en disant : « si vraiment tu crois que mourir en ULM est un éventuel prix à payer et que tous ceux qui se cassent la gueule étaient des bons, arrête ça tout de suite ou préviens ta famille, qu’elle fasse soigner tes tendances suicidaires. »

Et, pour sortir de ce merdier, que le Gédéon est vraiment de plus en plus emmerdé avec cette matière, faut bien finir par donner un avis. Dire des trucs, critiquer, dénoncer, délirer, c’est bien beau, mais il proposerait quoi, lui qui est si malin ?

 

Bon, ok, puisque tu insistes, le voici, l’avis du Biyanvrac.

 

Pour généraliser un tantinet et classer par décennie, le Gédéon dirait comme ça que dans les années 80, on sa cassait la gueule, globalement donc, à cause du matos, qu’était pas encore tellement abouti, tout ça : ruptures en vol, pannes à répétition ou impilotable instabilité, étaient les raisons principales des cassages de gueule. La décennie suivante, les ULM sont devenus plus fiables et sérieusement construits, les pilotes correctement formés et entraînés. Tellement entraînés qu’ils se sont mis à faire les cons et que du coup paf, vautre, tu connais la suite. On s’écrasait en faisant le con : lignes électriques, percutage d’obstacles en vol rasant et autres loopings mal négociés expliquent nombre de gags des années 90. Mais là, au XXIe siècle, à ce que voit Biyanvrac, il a dans l’idée que, de plus en plus et de façon criarde, on se ramasse parce qu’on est mauvais ! Pas mal formés, que ceux qui disent ça ne cherchent encore qu’à se dédouaner de leurs responsabilités en mettant tout sur le dos de leurs formateurs. Non, bien formés, comme depuis longtemps et même mieux que les pilotes avion, c’est indiscutable (le Gédéon te cause pilotage et pas gestion de système). Bref, bien formés, donc, mais mal entraînés : panne moteur, vent de travers, dernier virage, turbulences, sont les raisons pour lesquelles on se tue désormais. Et pourquoi, qu’on est mal entraînés ? Peut-être bien que ça pourrait être à cause de cette ambiance de plus en plus aseptisée, qu’au nom de la sécurité on nous dit comme ça, qu’il faut plus « faire les cons » en confondant faire le con et travailler son pilotage. Qu’on nous dit qu’il faut des radios, des GPS, des transpondeurs, bref des trucs qui te dégagent de la responsable gestion de ton vol et se reposent sur d’autres. Si c’était là le commencement du début de la fin de cet ULM auto-responsable qu’on nous avait vendus ?

 

Le Gédéon, lui, il veut bien « payer le prix », mais tout dépend ce qu’on lui vend...

 

Billet paru dans ULMiste n°6

Par Gédéon de Biyanvrac - Publié dans : Sécurité
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Vendredi 8 avril 2011 5 08 /04 /Avr /2011 15:34

 

116608.jpg« Une idée devient une force lorsqu’elle s’empare des masses ». Le Gédéon va baser son élucubration du trimestre sur Marx. Karl. C’est un allemand, certes, il n’a rien inventé, ok, mais ça ne suffit pas à considérer qu’il avait tout faux, que dit Biyanvrac. Et alors, ce Prussien-là avait basé son discours sur la lutte des classes, tiens, que peut-être bien, avec un minimum d’imagination, on pourrait se dire qu’il causait d’ULM.

 

En gros et en petit, l’idée est que la société est divisée en classes qui luttent chacune pour leur survie. Or, dans la jungle sauvage qu’on vit dedans, dirait le Gédéon, survivre signifie dominer. Si. Que tu le veuilles ou pas, c’est un fait. Où, dans la nature, à quelle époque, sous quelle latitude, exista-t-il une espèce, donc une classe, qui ne dût point âprement lutter pour survivre en dominant ses semblables ? Semblables, certes, mais aussi, voire surtout, dissemblables. En commençant par les plus petits, bien sûr, que sinon on n’y arrivera jamais. Que le plus petit, il le cherche, aussi, à l’aspirant dominateur : « t’es plus beau que moi, ton nid est plus gros que le mien, ta femelle est bonne, je veux ta place ». Et alors, ainsi se justifie, aux yeux du nanti, pardon, du dominant, sa domination. Elle devient légitime, puisqu’elle est défense de ses acquis. L’autre aussi, tu diras. Le petit défend ses acquis, à savoir le droit de fermer sa gueule et rester à sa place, le grand défend ses acquis, c’est-à-dire tout le reste. Bon.

 

Le rapport avec l’ULM ?   

 

L’ULM, si des fois t’avais pas vu, est divisé en classes. Paramoteur, autogire, pendulaire, avion sans permis, tout ça. Qu’on te dit que ces denrées-là cohabitent et que ça va bien, mais qu’en fait, tu le vois bien, c’est pour le moins plus nuancé. Les paramous veulent juste voler autour de la voiture au bord du chemin. Les pendulaires vont et viennent, guère plus loin. Les trois-axes rêvent de tours du monde et de monde autour, tandis que l’autogire, lui, vibrotte au doux son des énergies fossiles qui s’y engouffrent à foison.

Et alors donc, tout ça, il paraît que ça fait une famille. Bah oui, un peu comme on a une Nation : plein de gens différents auxquels on dit « maintenant vous êtes frères », juste parce qu’on les force à parler la même langue.

 

Mais en vrai, ce n’est pas aussi simple, que dit le Gédéon, qui se contente d’observer, tu le vois bien, toi aussi. Que en fait, donc et constatamment, ces classes d’ULM, elles auraient comme une tendance à s’observer en chien de machin, dans le genre… le pendulaire est légitimiste et se prétend, à force qu’on le lui dise, le vrai ULM. Ce n’est pas absolument exact historiquement, mais ce n’est pas le sujet. Le paramoteur se sent plus proche du vol libre selon les uns, de l’ULM pour les autres et qu’en vrai, il est surtout très proche du paramoteur et se suffit à lui-même. Le trois-axes, quant à lui, se compose de tant de variantes qu’il est difficile d’y voir une quelconque unicité, mais en tous cas, ce serait la classe d’ULM la moins soudée, intrinsèquement. Elle n’attend même pas d’avoir à se battre contre d’autres classes qui ne lui ressemblent pas, tant elle est prise dans ses luttes légitimistes de « t’es trop lourd, t’es trop beau, t’es trop cher, t’es pas assez équipé, t’es trop truc… T’es, surtout, pas à moi ». Qu’en vérité et pour digresser quelque peu, ce sont surtout les pauvres, qui volent avec des trucs de base, qui dénigrent les autres, qui volent cher, souvent au-dessus de leurs besoins ou même de leurs moyens. Mais chacun fait ce qu’ils veulent. Pour les réconcilier, il faudrait leur donner à tous des jouets de riches, puisque, comme disait Desproges, « les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches ». Mais on digresse, on s’égare.

 

Bon, alors donc, l’ULM est fait de classes qui luttent. Au contraire de ce que disent les ceux qui théorisent et manifestent (font manifester les autres, surtout), ils se sont pas là pour uniquement conserver leurs « acquis », oh que non. Ils veulent surtout la place des celles qui les dominent. Bah si ! Au départ, répétons, les grands dominent. Puis on a dit aux petits : « ne vous laissez pas faire ! » Bien joli, comme idée, mais qu’est-ce que donc que ne pas se laisser faire quand on te tape dessus, sinon taper à ton tour ? Esquiver les coups, c’est déjà bien, mais ce n’est qu’une étape sans la stratégie globale du projet final : taper à son tour.

 

Et alors bon, donc, ce qui fait qu’on lutte, dirait comme ça le Gédéon, c’est que, précisément, on n’est pas pareil. Pas qu’on a pas la même gueule ni le même usage, à la limite on s’en fout de ça. Ce qui fait la vraie différence qui génère des luttes de classes, ce sont les droits. Si les droits divergent, les lésés se plaignent.

Or, dans l’ULM et depuis 1998, il y a bien inégalité des droits. Qu’on te dit comme ça que mais si, l’ULM est un, indivisible, unifié, grande famille, tout le tremblement. Alors que pas : les paramoteurs n’ont pas les mêmes droits que les autres comme par exemple ils peuvent pas aller sur les aérodromes contrôlés et certains droits en plus comme par exemple ils sont par emmerdés avec leurs trains rentrants. Les autogires sont plus puissants et pas chargés pareil. Les pendulaires passent au travers des modifications en cours pour le paramou alors que le problème est le même. Les trois-axes ont plein d’emmerdes mais le droit, s’ils ressemblent à des avions, d’aller à peu près où bon semble à ceux qui accordent arbitrairement le sésame. Donc, inégalités. D’où, lutte des classes.

 

Et voilà que, plutôt que d’essayer d’harmoniser ou plutôt, de scinder comme ça aurait du être fait dès le début, voilà qu’on te met un hélico là-dessus. Que là, avec cette image de truc de nanti, ça va lutte des classer à mort. Et Biyanvrac pèse ses maux. Ce truc-là, qu’il n’est ni pour ni contre comme il le dit depuis des années, le Gédéon y voit qu’il sera le marqueur de la fin du début de la fin déjà perceptible.

 

Billet pulbié dans ULMiste n°4, en kiosques jusqu'à fin mai 2011

Par Gédéon de Biyanvrac - Publié dans : L'ULM, c'est quoi ?
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 09:46

 

cadets.jpgBon alors, voilà, la fédéplume invente les cadets ULM. Que ce truc-là, c’est une initiative pour faire voler les jeunes et que, jusque-là, Biyanvrac trouve que c’est très bien, de vouloir que les jeunes s’intéressent à l’ULM. Que c’est toujours mieux, voire simplement moins pire, que fumer de la drogue ou s’abrutir sur son DS. Et même pas incompatible, d’ailleurs. Bien.

 

Mais alors bon, disait-il, ce qu’il ne comprend pas bien. C’est que, au lieu de prendre des mesures concrètes pour vendre l’ULM aux jeunes, en leur expliquant à quel point c’est bon, gratifiant, jouissif, intéressant, intellectuellement enrichissant et humainement bienfaisant, non, juste, là, on résume la question à une affaire de pognon. Donc, si t’es jeune et que l’ULM t’intéresse, tout ce que la fédé te propose, c’est du fric. Pourquoi pas, après tout, c’est une des composantes essentielles et fondamentales du « problème ». Mais alors, là où le Gédéon tique, ce sont les raisons que la PlUM invoque pour justifier, sans doute auprès de ses propres et étatiques bailleurs de fonds, cette mesurette : entre autres, on te dit que cet argent est voué aux jeunes « qui se destinent à une carrière aéronautique ». Et, là paf ! Si, non, désolé, qu’il est, le Gédéon, mais paf ! D’où on a vu que l’ULM pouvait servir de porte d’entrée à l’aviation générale ? Parce-que, bien sûr quand on parle de « carrière aéronautique », il ne s’agit pas d’ULM, qui pourtant offre de belles perspectives et doit aussi songer à son avenir, qui n’existe pas sans professionnels.

Si cette invocation répond à un vœu pieux discutablement louable, la réalité s’y oppose. L’absence de carnet de vol rend l’expérience ULM irrecevable auprès de l’aviation « noble ». C’est une vérité réglementaire, mais aussi, voir surtout, une évidence de terrain. Quand tu vas faire de l’avion et que, par exemple, tu aurais des milliers d’heures d’expérience en ULM, en voyages transfrontaliers, en montagne, en hydro, sur skis, en tout terrain, bref, en tout ce que l’aviation noble ne connaît plus depuis longtemps, ben même là, tu fermes ta gueule et tu dis pas, que sinon on va te considérer comme un malade à soigner et ta formation sera plus longue ! Suffit d’aller sur la plupart des terrains et de tenter l’expérience pour faire ce triste constat. Mais là, ici, non, on te dit, en dépit de toute évidence, que si, on te finance ton loisir parce que, dans un coin de ta tête, t’as décidé de devenir un jour conducteur de bus ou de char d’assaut. Il est évident, que dit le Gédéon, qu’il y a, au mieux, aveuglement et quête insensée de justification…

 

Mais au-delà, cette idée pose une autre question : comment la fédéplume peut-elle seulement un instant participer, selon Biyanvrac, à ce qui ressemblerait à une sorte de « fuite des cerveaux » ? Que s’il existe des jeunes méritants et motivés, c’est bien dans l’ULM qu’on en a besoin, qui a largement fait la preuve, en trente ans, qu’on peut y mener de fort belles carrières et en croûter honorablement, contrairement à l’aviation de transport, dont beaucoup de pilotes, correctement diplômés et proportionnellement endettés, se replient sur… l’ULM, qu’ils voient bien que c’est là que ça se passe !

Alors que, dans le même temps, il n’existe aucune filière qui forme correctement nos professionnels d’aujourd’hui et de demain, qui sont, eux aussi, notre avenir. On forme des instructeurs, qui doivent ensuite se débrouiller en autodidactes pour apprendre la gestion, la compta, la mécanique, l’animation, enfin bon bref, tout ce qui fait les joies de l’ULM qui travaille.

 

Mais on s’égare, revenons à cette histoire d’ULM qui ouvre des portes à d’autres activités plus lourdes, sous-entendu plus louables. Que, le Gédéon l’a déjà dit, qu’il ne comprend pas pourquoi il faudrait ne pas être fier d’être ULM et considérer qu’il ne peut être une fin en soi ! Comme s’il ne pouvait se suffire à lui-même ! Suppose-t-on de l’automobiliste en herbe qu’il s’intéresse de facto aux autocars ou aux camions ? Au surfeur qu’il se destine à capitaine au long courer un encombrant pétrolier ? Au gamin qui s’amuse sur son kart qu’il finira chauffeur de char Leclerc ? Assurément pas, ces activités-là n’ont pas de complexe, considèrent qu’elles se suffisent et du reste ne se posent même pas la question.

 

Mais dans l’ULM, si. On n’en finit pas d’être complexés, y compris parmi les instances qui sont sensées nous représenter, donc nous donner de la confiance…

 

Et alors bon, le Gédéon, comme sans doute tous les vieux cons qui l’apprécient, a une pensée émue pour l’époque de sa jeunesse à lui, où il suffisait de venir sur les terrains, jouer du chiffon sur les hélices, regonfler des pneus, lire des livres, pour montrer sa motivation et gagner quelques heures de vol bien méritées…

 

Par Gédéon de Biyanvrac - Publié dans : L'ULM, c'est quoi ?
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Fiche technique du blog

  • : Le blog de Gédéon de Biyanvrac
  • : ULM et aviation : mauvaise foi, mauvais esprit, mauvais mots et huitième degré...
  • Partager ce blog

Mais qui est ce Gédéon ?

Tizeur

RSS

  • Flux RSS des articles

.

Les gédéonistes sont actuellement au nombre de  1 

Contributions amies

Cherche

Trouve

Réclame

R-glo-ULM-Couvtit.jpg


Soucieux de ne pas raconter d’âneries en matière de réglementation ULM, Gédéon consulte régulièrement le seul outil qui permette d’y voir clair, Le Réglo ULM. Pour savoir où le trouver, tu fais comme lui, tu cherches sur Gougueule ou tu click http://www.lereglo.com/

 

Bandeau site airlibrairie3

Ils en causent

Le trimestriel de la FFPlUM, fédération française d’ULM, a publié jusqu'en juin 2010 certains des billets gédéonesques. Ils sont signalés comme tels en bas de page, et mis en ligne après parution papier. Ceci ne vaut en aucun cas imprimatur pour les propos tenus ici.

Le Wiktionnaire cite Gédéon de Biyanvrac !

 

wiki.jpg 

Sans compter les nombreux forums qui relaient systématiquement les élucubrations Gédéonesques. Y compris en traduction automatique… doit pas être triste...

 

Mais aussi, bien entendu, le magazine ULMiste !

ulmisteLogo6tiblog 

 

Gédéon sur la Face de bouc

facebook.jpg

Mise en garde

mise-en-garde.jpgLes informations contenues dans le présent site ne constituent qu’une libre interprétation bouffonesque qui n’engage que Gédéon de Biyanvrac. Il appartient à chacun de vérifier leur véracité via la documentation aéronautique officielle, et par la consultation des documents cités. L’auteur décline toute responsabilité quant à toute conséquence que pourrait avoir une mauvaise interprétation des présentes élucubrations.

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés