Mardi 17 juin 2008

 

Olà les gens, c’est le Gédéon que voici ! Sa cervelle bout, depuis ses dernières chroniques, qu’il n’en peut plus de (re)découvrir l’ULM, depuis quelques temps. Et alors bon, il se balade sur des fora (ou « forums » pour les modernes), des sites divers et parfois avariés, trouve des photos. Des photos qu’elles montrent les ULM de maintenant, qu’il n’en revient pas de la tronche des. Il constate, le Gédéon, que globalement, et même précisément, ça ne ressemble plus guère à son antique monoplace. Il est perplexe, parfois, devant certains trucs.

 

Que ça ressemblât à des avions, il s’en contrefout mais se gondole, le Gédéon, que d’après lui

ce qui caractérise l’exception ULM à la française, c’est pas tant son aspect, ni son domaine de vol, ni même, il ose le penser, son poids à vide ou en demi charge, non, ce qui fait que l’ULM est, c’est le fait qu’il ne soit pas certifié. Réglementairement, son code génétique, c’est ça. Point. Que d’ailleurs ça entraîne tout un tas de conséquences, qu’on n’a pas la place d’en causer ici, et merci. Après, dans la langue, et pour que « ultra-léger » eût encore quelque sens, on prend le soin de préciser 450 kilos, tout ça. Que donc, en résumé, et après on passe à autre chose, on va pas y passer la journée non plus, si l’homme est par sa pensée « cogito ergo sum », l’ULM est par sa pesée : « pendo 450 ergo sum ».

 

 

Et alors bon, dans ce cadre non certifié pensant, pesant, ou les deux, y’en a des, ULM, qu’ils veulent ressembler à des avions. Non pas dans tant leur look, que ça l’utilisateur, à la rigueur, peut toujours dire qu’il n’y est pour rien, que ça n’est pas lui qui a dessiné le truc. Bon. « Mais alors, et ton tableau de bord, on t’a obligé ? », qu’il pense très fort le Gédéon. Que y’en a, voilà, parce qu’ils ont vu dans leur jeunesse que les DC3 avaient des pendules du sol au plafond, qu’ils en mettent partout aussi, que ça fait la classe ! Il a zoomé, le Gédéon, pour bien voir dans la photo. Les mecs, ils ont eu des prix ou quoi ? Températures cylindres, échappements, carbus, hélices, roue avant, pression du bord d’attaque, manomètres, voltmètres, ampèremètres, compteurs horaires, montre à quartz, altimètre, altipied, horizon, bille aiguille, conservateur, compas, GPS (plusieurs au cas où), et on arrête là que ça va te nous bouffer la page.

 

Alors bon, le Gédéon, il dit ça, il dit rien, hein. Il a essayé de s’imaginer dans un bordel comme ça, pour voir. Il s’est assis sur sa chaise, a mis la photo de ce tableau de bord devant lui, a fait « vroum vroum » en faisant genre il conduit le truc. De deux choses l’une, que dit le Gédéon après ce test d’une rigueur scientifique absolue : soit le mec ne fait que regarder son tableau de bord, que sinon les aiguilles ne servent à rien. Soit il regarde dehors, que c’est beaucoup plus prudent, mais que du coup les aiguilles ne servent à rien. Que bon, les aiguilles, pour qu’elles servent, il faudrait vraiment les regarder toutes en même temps. Ben si. Ta température truc, là, si tu la regardes que genre de temps en temps, tu crois que ta température truc va attendre précisément ce temps en temps-là pour partir dans le rouge ? Soyons raisonnables, enfin. Bon donc, voilà, les mecs vont dire que oui mais on sait jamais, que si par hasard je regarde au bon moment, je suis sauvé. Sauvé de quoi ? qu’il dit, le Gédéon. Ta température truc, elle te dit qu’elle pleure sa mère qu’elle a trop chaud. Elle te dit qu’elle a mal, c’est tout. Elle ne répare rien, ou si ?

Donc bon, imagine que tu l’as pas, la pendule. Ton échappement est trop chaud, et tu l’apprends par un serrage qui t’amène aux vaches. Imagine maintenant que tu l’as, la pendule, que t’es fier tout plein de ressembler à un DC3. Juste par hasard que t’as du bol, te regardais ta belle pendule au « bon » moment, tout ça. Tu fais quoi ? Hein ? Tu coupes tout, et tu te poses. Pareil. « Oui, mais j’ai évité le serrage », que tu dis ? Eh non, trop tard, ton truc t’as prévenu trop tard, qu’il t’a dit « aïe » quand c’était « aïe », et pas avant…

 

« Oui, mais de toutes façons, ce Gédéon, c’est qu’un nihiliste, un réac, voire un pov’con, qu’il a qu’à voler sans instrument, et que c’est qu’un jaloux », que disent ceux qui prétendent que ces instruments sont utiles, et non pas juste de la frime…Ah oui, et alors, pourquoi, qu’il se demande comme ça l’air de rien, le Gédéon, pourquoi, donc, que ces types n’optent pas pour des instruments modernes : électroniques ? C’es trucs-là font beaucoup mieux que le plus fourni de tous les tableaux de bord pour au moins dix fois moins lourd (et moins cher aussi), et que en plus, t’as même pas besoin de regarder, le truc chante dans tes oreilles que ta

température de pneu avant sort des limites, avant même qu’il ne soit trop tard !

 

« N’imitez rien ni personne. Un lion qui copie un lion devient un singe. » Ça c’est Victor Hugo qui le dit, que si ça te plaît pas tu vas t’expliquer avec lui.

 

Mais bon, après tout, si ça fait plaisir, de ressembler à un DC3 ? Pas de problème, qu’il a avec ça, le Gédéon, il s’en fout, lui qui ressemble à rien. L’inutile est permis, et même parfois obligatoire, comme la bille en paramoteur, que c’est la loi qui le dit ! Du coup, il se dit, le Gédéon, que puisque la loi impose des trucs inutiles, pourquoi pas en rajouter, après tout ?

 

Tiens, on connaît un marchand de température cervelle ?

 
Billet publié dans ULM Info de juin 2008

par Gédéon de Biyanvrac publié dans : Généralités ulmiques
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Dimanche 8 juin 2008

Autant le dire tout de suite et annoncer la couleur : le Gédéon n’aime pas l’autogire ! D’une manière générale, il n’aime pas ce qu’il ne comprend pas, comme tout le monde, même si certains hommes disent aimer une femme (ou deux), alors que s’ils prétendent les comprendre, ils sont des menteurs.

 

Et alors, bon, l’autogire, donc. Ce truc-là, c’est l’ancêtre de l’hélicoptère, qu’ils disent. C’est exact. Mais bon, si on l’a inventé, cet hélico, c’est que justement l’autogire montrait ses limites. Mais eux, y’en a des, non, ils veulent quand même voler dans cet hélico pas fini, justement parce que ça fait hélico, mais que c’est moins cher. D’ailleurs, tu verras que lorsque l’hélicohuelle sera légale en France, ils s’y mettront tous, vu que pour le coup c’est pas plus cher, et très mieux, donc.

 

Au début, avant que cette chose ne soit réglementairement un ULM, ils étaient une centaine à travers la France, essentiellement dans le sud-ouest, à faire voler ces machins rigolos tout plein qui sont capables de voler dans un hangar tellement c’est maniable. Or, en aéronautique comme ailleurs, quand c’est maniable, c’est pas stable, et inversement. Du coup, ça se cassait la gueule sévère, ces trucs, entre 4 et 5 morts par an, soit autant en pourcentage. Pour comparer, s’il y avait la même proportion de morts en ULM aujourd’hui (4% de 15 000 pilotes), ça ferait 600 morts par an, tout rond. On en est très loin, puisqu’on est à peine à 20. Autogire compris, vu qu’entre temps il est devenu ULM, ce truc. Et alors là, le Gédéon, il veut comprendre, pour aimer, comme il a dit. Or, il ne comprend pas. L’autogire a voulu devenir ULM pour pouvoir se structurer, enseigner, rationaliser sa production, etc., que le Gédéon doit t’expliquer comment que c’était avant.

 

Avant la fin des années 90, donc, l’autogire volait sous laisser passer, avec une immatriculation en "Fox-Whisky". Les pilotes devaient construire eux-mêmes leurs machines sur plans (exclusivement, donc kits interdits), et apprendre à voler seuls. Qu’on le veuille ou pas, c’est un système particulièrement fertile pour faire des morts, ça. Donc, pour pouvoir acheter des machines toutes faites, et apprendre avec un qui sait, en double commandes, devenir ULM était la meilleure solution, qui s’imposa, et bravo, buvons un coup !

 

Sauf que.

 

Sauf que, 10 ans après, l’autogire représente encore 7 % des « accidents » d’ULM, alors qu’il n’occupe que 3% du parc. C’est la fédéplume qui dit ça. Pour info, toutes les autres classes d’ULM ont un taux « d’accidents » exactement égal à leur représentativité. D’où il déduit donc, le Gédéon, que dans les autres classes d’ULM, les pilotes se cassent la gueule sur des conneries qu’ils font, sans que la nature de leur avion ne puisse être mise en cause. Quand, à côté de ça, Biyanvrac constate que l’autogire se vautre à 7% alors qu’il n’est que 3% des ULM, il se dit forcément qu’il y a un problème intrinsèque, ou pas ?

 

Et là, le Gédéon, il sait que les vieux de la vieille de l’autogire, les ceux qui volaient avant que ce soit un ULM, vont être d’accord avec lui : le problème, c’est que l’autogire est éminemment complexe à tenir. Relativement simple à piloter, mais moyennant le respect très strict de quelques règles de base, que tu ne peux acquérir qu’avec une grande rigueur et un apprentissage sérieux et poussé. Or, ça n’est pas le cas, en général. Vu que dans l’ULM les instructeurs sont forcés de vendre du matos s’ils veulent survivre, vu qu’ils savent pas se défendre face à la concurrence déloyale des « bénévoles », ils se sont tous mis à vendre de l’autogire, que tout le monde en veut soi-disant, alors que dix ans après on n’est toujours qu’à 3%...

 

Bon. On a donc des types qui étaient, par exemple, instructeurs trois-axes. Ils deviennent instructeurs autogires en un mois s’ils sont mauvais, alors que jusque-là ils n’en avaient jamais vu de près, d’autogire, puis ils forment leur élèves-clients du trois-axes en deux-trois tours de piste et demi, merci, signez-là, voici votre jouet tout neuf, et vogue la galère.

 

Alors ils disent qu’entre temps les machines ont évolué. Que ça oui, le Gédéon le voit bien. Avant, l’autogire (qui existe toujours et reste plébiscité par les vrais puristes qui eux ne se cassent plus la gueule, ou pas plus que les pendulaires, soi dit en passant), c’était donc un petit truc super léger et maniable qui tournait sur place et tout ça, autour du terrain. Les autres, qui viennent de l’avion (parfois nommé multiaxes), ils veulent voyager avec. Du coup, on te leur a fait des machins très gros, très lourds, très moins maniables, donc plus stables. En gros, tu te retrouves avec un avion comme t’avais avant, sauf que tu voles la tronche à l’air et que tu consommes trois fois plus ! « Ah oui, mais ça pose sur place », qu’ils disent. Là, le Gédéon, il se demande bien à quoi ça sert de poser sur place, vu que pour redécoller il te faut autant de place qu’un Stol quelconque, ce qui fait que si tu te poses sur un tout petit terrain juste pour montrer que tu poses court, tu peux plus repartir…

 

On s’égare, on s’égare.

 

Ah oui, et alors, du coup, les ceux de l’autogire qui voulaient devenir ULM, ils se sentent trahis, du coup. Parce que le fait que maintenant qu’on constate que l’autogire est toujours aussi casse gueule, on dit que c’est de sa faute, comme vient justement de le faire Biyanvrac, ce qui tend à montrer que justement ce machin a des tares endogènes irréversibles. Or, ce n’est peut-être pas tout à fait le cas, et c’est bien pour ça qu’il suffirait de se former correctement, comme ils le demandent depuis le début…

 

C’est cet autogire-là qu’il n’aime pas, le Gédéon, le celui qui ne veut pas apprendre, et s’en prend ensuite à lui-même…

 

Finalement, ils auraient peut-être mieux fait de rester où ils étaient, ceux-là, tiens, ils auraient eu moins d’emmerdes, tout compte fait, vu que n’étant pas ULM, ils n’entraient pas dans nos statistiques. Tandis que maintenant qu’ils y sont, tu vas voir qu’on va venir leur reprocher de pas faire propre, alors que c’est justement pas eux qui font pas propre, mais des qui n’ont aucune légitimité, et croient juste que c’est un avion à aile tournante.

 

Et comment ça tourne, cette aile ? Ils le savent pas plus que toi, t’inquiète, mais ils sont instructeurs, tout va bien.

par Gédéon de Biyanvrac publié dans : Généralités ulmiques
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Samedi 7 juin 2008

Le 16 mai, le Gédéon t’a causé des successifs alourdissements réglementaires et de l’histoire des consignes de navigabilité que nous sort désormais la DGAC, en expliquant que c’est dangereux tout ça. Un grincheux lui a écrit pour dire que c’est vachement très bien comme ça, et que du coup ça met de l’ordre chez les constructeurs qui « font n’importe quoi », qu’il dit. Cette dernière accusation n’engage que lui, et dénote une intelligence limitée, d’après Biyanvrac. Ainsi, certains parmi ceux qui veulent bien « profiter » de l’ULM en jouissant de ses privilèges, certes avantageux mais au prix d’une auto responsabilité individuelle lourde, il en existe qui voudraient lui imposer par la bande la mise sous tutelle qui est précisément en train de tuer l’aviation dite classique…

 

A la réflexion, ça lui va bien, ça, tiens, « classique ». Ce terme, selon le « Littré » dont Gédéon ne se sépare plus depuis l’école communale, ça veut dire « qui ne se démarque pas des traditions ». Ben ça se voit, merci, que les avions et autres planeurs sortent pour la plupart d’un autre âge. Il n’est pas tellement féru d’une opposition farouche entre avions et ULM, le Gédéon, et quiconque le lit souvent le sait. Mais bon, s’il faut vraiment la guerre, il sait aussi sortir des armes, Biyanvrac, et ça c’en est une : la certification et tout le cortège d’insondables interdits qui vient avec ont pour seul résultat d’obliger les types à jouer avec les mêmes avions que leurs pères et grands-pères avant eux. Et le plus drôle, c’est qu’ils trouvent que ça, c’est la sécurité…

 

Bon, mais les CN, là-dedans ? Les CN, c’est les consignes de navigabilité. C’est une démarche des autorités Dégéatesques du SFACT par laquelle les fonctionnaires de ça, qui n’ont pour la plupart jamais touché à un avion, disent comme ça tout d’un coup que suite à tel ou tel incident, il faut changer telle pièce ou faire une modif, que si tu le fais pas ton avion ne peut plus voler. Bon, jusque-là, on peut dire que c’est sérieux. Que ça veut dire que ces gens-là s’occupent activement de notre sécurité, et merci. Sauf que.

Ben oui, y’a des sauf que, justement. Regarde l’histoire du longeron du DR400, il y a quelques années. Un de ces trucs-là explose en vol, on s’aperçoit que le longeron est mal collé et que peut-être ils seraient tous concernés, du coup ils sont tous interdits de vol à titre conservatoire, comme on dit. Les aéroclubs gueulent, vu qu’ils volent presque tous là-dedans, pour les raisons évoquées plus haut. Et là, la DGAC met de l’eau dans son vin, et trouve que peut-être et finalement, on peut voleter un peu en attendant, mais faudra quand même faire réparer l’avion vite fait s’il vous plaît. Et alors-là, le Gédéon, il est MDR, comme disent les jeunes de maintenant dans leurs correspondances. Ça le fait penser aux lignes hautes tension, autoroutes et autres décharges, ça : on en veut bien, mais chez les autres, merci. Du coup, alors que d’un côté certains vont dire que les CN pour les ULM c’est très bien parce que met de l’ordre, des autres (et peut-être bien les mêmes, tiens), demandent à voler sous leur propre responsabilité (donc comme les ULM), dès que ça les concerne…

 

Encore une fois, on se marche sur la tête, dans l’histoire…

 

En tous les cas, on démontre ici que ces CN ne sont, encore une fois, destinés qu’à justifier le poste de certains types par ailleurs oisifs, comme le dit le rédac’chef d’un canard ULM ce mois-ci, justement, que ça c’est lui que ça engage, là aussi…

 

Oui mais alors, comment faire, que tu te demandes encore ? Faire que c’est aux usagers de faire circuler l’info entre eux et le cas échéant de boycotter, et tu verras que quand ça sera le cas, il n’y aura plus de faiseur de veuves en circulation, plus de constructeurs et autres revendeurs malhonnêtes qui font voler de sombres daubes, plus de « concepteurs » qui vendent des plans de machines n’ayant jamais volé et sur lesquels ils n’ont même pas les droits de propriété, et tout ce genre de choses, que tout ce qui vient d’être postulé est de la fiction, bien sûr…

par Gédéon de Biyanvrac publié dans : Réglementation
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Mercredi 4 juin 2008

Le 18 mai dernier, un ULM s’est crashé dans une rivière. Certains journaux y sont allés de leur habituel couplet sur un « accident d’ULM », que ça le Gédéon t’a déjà dit ce qu’il en pense. En l’occurrence, l’accident, il ne voit pas où il est. Ce n’est pas un accident ! Mais pourtant, c’est un drame. Voici les faits, tels que le Gédéon peut les rapporter d’après les très nombreux recoupements qu’il a pu faire, et sous toutes réserves bien entendu.

 

Le samedi, un pilote pendulaire suisse rencontre sur un salon un jeune homme dont le métier est la vidéo. Ils causent d’ULM et de prises de vues aériennes, et rendez-vous est pris pour un vol dès le lendemain. Voici nos deux helvètes parés pour un vol en France, vu que la Suisse interdit l’ULM pendulaire pour des raisons écologiques, mais doit estimer qu’à l’instar de Sarkozy à l’époque du nuage de Tchernobyl la pollution ne traverse pas les frontières. Ben oui, quand l’Etat français affirmait que cette merde n’était pas venue chez nous, c’est l’actuel président qui était en charge, au ministère de l’Intérieur, de ce genre de choses, mais on s’égare.

 

Les voici donc en vol, le passager à filmer. Le pilote descend un peu beaucoup bas sur une rivière, percute une ligne, finit dans l’eau, et s’en sort. Il plonge à deux reprises pour tenter de libérer son jeune passager, mais ne trouve qu’un siège vide. Et depuis, rien d’autre que ce siège vide. Une famille pleure un gamin de 25 ans qui a depuis disparu, et le Gédéon a attendu avant d’évoquer cette histoire, qu’une bonne nouvelle vienne y mettre un terme. La bonne nouvelle ne viendra plus, au bout de ces deux longues semaines…

 

Il n’y a plus d’espoir.

 

Et alors là, Biyanvrac, il a une envie folle de hurler, même s’il sait que tout le monde fait des conneries, et lui le premier. Dès le lendemain de l’accident, le pilote intervient sur des forums pour expliquer que c’est la faute des secours qui ne sont pas arrivés assez vite. Dans les interviews qu’il donne à la presse, il déclare à plusieurs reprises qu’il « ne comprend pas ce qui est arrivé ». Le dirigeant d’une base sur laquelle il avait ses habitudes explique qu’il l’a viré parce qu’il faisait trop de conneries. Et le gars se dit « expert » (sic), sous le prétexte qu’il vole depuis dix ans (c'est-à-dire pas grand chose en vérité), et qu’il a rallié le Mali en 2006.

 

On a un type qui vole à 3 mètres / sol sur une rivière, qui se bouffe une ligne et s’estime en droit de « ne pas comprendre » ? Le Gédéon, bien souvent, il éprouve de la compassion pour ceux qui se vautrent, parce qu’il y a souvent une part de « pas de chance », qu’on en recausera, car ce n’est pas aussi simple. Mais là, ce qu’il se demande, le Gédéon, c’est comment on pourrait faire en sorte que ça ne se reproduise plus, ce genre d’horreur.

 

Ben il va te dire, il ne voit pas. On n’y peut rien, hélas, parce que si on avait découvert un moyen de lutter contre la connerie, il y a bien longtemps que la terre tournerait rond, tiens. Mais le risque de sanctions collectives pèse toujours, pourtant. Le Gédéon veut juste démontrer ici que ces éventuelles sanctions ou mesures n’y changeront rien, regarde.

 

- On propose de nous imposer le parachute en biplace. Le Gédéon en recausera, car il estime qu’on ne peut raisonnablement être contre. Pourtant, dans le cas présent, il n’aurait servi à rien.

 

- On propose de durcir les conditions d’attribution de la qualification « emport de passager » : pas la solution non plus, car rien ne permet d’estimer que le comportement ultérieur du pilote pût être lié à la difficulté relative d’un examen.

- On voudrait certifier nos machines, comme le font précisément les suisses pour certains ULM trois-axes : en quoi une quelconque certification empêcherait à un aéronef d’être piloté à trois mètres d’une rivière ?

 

- On nous imposerait une visite médicale ? En quoi résoudrait-elle le problème présent, même s’il s’agissait d’une expertise psychiatrique ?

 

Alors bon, le piéton arrivé ici par les miracles des moteurs de recherche va lui dire, comme ça, au Gédéon, qu’on n’a qu’à imposer aux pilotes ULM de consulter la météo avant de voler (puisqu’il paraît qu’en plus ce n’était guère volable ce jour-là), qu’on pourrait leur interdire de voler aussi bas, ou alors dans des conditions extrêmement réglementées, qu’on pourrait leur demander d’informer le passager sur les risques qu’il prend, et surtout ne pas céder à ses demandes souvent farfelues, au passager…

Oui, ben c’est le cas, tout ce qui est cité ici est déjà dans les règlements…

 

Tu vois bien qu’on n’y peut rien. Ce genre de gag se reproduira, et il y a aura toujours, hélas, des pilotes ULM qui s’estiment des « experts » alors qu’ils n’ont visiblement strictement rien compris au film. Bien sûr, il reste la possibilité que les propos du pilote aient été mal rapportés, qu’un imposteur se fasse passer pour lui sur les forums, et que tous ceux qui l’ont croisé (et interdit sur leur base), aient eu des hallucinations.

 

Prendre un passager en ULM est une responsabilité incommensurable, et le Gédéon n’est pas prêt de te lâcher la grappe avec ça, car il sait bien que l’ULM va crever des conneries qui arrivent aux passagers innocents.

 

Gédéon en profite pour manifester sa profonde compassion à la famille et aux amis de Johann, le passager en question.

 

Et, merde !

par Gédéon de Biyanvrac publié dans : Sécurité
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Vendredi 30 mai 2008

Dans le monde fabuleux de l’aviation de loisirs, il y a de tout. Socialement, bien sûr, ça tu le vois bien. Comme dans tous les loisirs, ou presque. Mais aussi d’un point de vue « philosophique », qu’on pourrait dire. Et alors là, le Gédéon, s’il y en a qu’il n’aime pas, qu’il a déjà évoqué un peu et qu’on en recausera tout plein, des ceux qu’il aime pas, là il voudrait causer un peu d’une espèce qu’il aime bien, tiens. Ce genre-là, qu’il trouve, le Gédéon, qu’au moins leur truc a du sens, c’est les constructeurs amateurs, qu’on dit. Ben oui, ça a du sens, la construction amateur, dans la philosophie gédéonienne, parce qu’on touche là au summum de l’absurde ! Et il aime ça, Biyanvrac, ce qui est absurde et s'assume comme tel. Il t’a expliqué en quoi il trouve que selon son avis qu’il t’invite à partager, l’aviation de loisirs est d’une absolue vacuité. Ça ne sert à rien cette chose-là, strictement, sinon que ça exalte l’âme, pour certains, ou que ça flatte l’ego, pour bien d’autres. C’est bien suffisant, pourrait-on dire, et s’il n’y avait que des Diogène sur terre, on s’emmerderait velu.

 

Donc voilà, un avion, ça ne sert à rien. Certains, pour se procurer cet inutile et encombrant objet, signent un chèque, s’assoyent dans l’acquis, et s’en vont perdre leur temps à le regarder passer de plus haut. D’autres non, c’est trop simple, ça, pour eux, de faire un chèque. Alors du coup, ils en font plusieurs. Sur des années. En y passant tous leurs temps libres, à faire les chèques, qu’avant de les faire ils ont été dix fois autour du monde sur Internet, au téléphone, ou par courrier, pour trouver la pièce qui va bien et qui fera que leur avion à eux est absolument unique, que c’est le seul qui aura tel truc ici, et tout ça. Et alors bon, une fois qu’ils ont bien tout fait les chèques, et que le livreur leur a bien tout apporté le bois, la ferraille, la toile, le moteur, l’hélice, pis tout, les voilà partis à s’enfermer dans leur cave pendant des années, que leur femme du coup les emmerde plus et réciproquement, que ce tas de matériaux, là, eux, ils vont en faire un avion qui volera dans le ciel ! Aussi, vu que ça sert à rien, ils vont bien prendre le temps. Ah oui, il y a des plans aussi, dans leurs chèques, mais ça le Gédéon il trouve que bon, c’était pas tellement la peine de se fatiguer, vu que bien souvent, les plans, ils sont consultatifs, facultatifs, voire putatifs, mais pas impératifs, qu’ils vont les modifier de telle sorte que leur inutile avion, en plus d’être ça donc, il faut qu’il soit unique ! Surtout dans les ULM, ça, que tu peux un peu plus faire ce que tu veux que dans l’avion, vu que même de construction amateur, le truc est certifié. Un peu moins, mais tout de même, tu fais pas trop ce que tu veux...

Voilà, et une fois que le truc vole, ils s’en vont le vendre pour en recommencer un autre au début.

 

Et là, le Gédéon, vraiment, il tire son chapeau, vraiment ! Ça, c’est du gros, du lourd ! Du vrai punk ! Oui, les constructeurs amateurs sont des punks, qui passent leur temps à le perdre inutilement dans l’irrespect impératif des règles établies. Les règles établies, c’est tu achètes et tu voles. Eux, c’est tu construis, et tu voles pas. Ils ont leurs règles à eux, qu’il faut être adoubé pour comprendre. Tu peux aussi t’adouber tout seul, note bien.

 

Et alors par exemple leurs règles, aux eux, c’est par exemple que sur un terrain quelconque, ou un rassemblement, tu vois les types « normaux » qui causent avions dans l’avion, ou devant, ou qui admirent le tableau de bord et les carbus.

Et puis des fois, tu vois un mec accroupi sous l’avion en train de prendre une photo ou un crobar du train d’atterrissage. Ça, le celui-là dans l’herbe, c’est lui, le constructeur amateur, voilà, qui trouve que ce dessin-là irait bien sur son avion à lui qu’il construit dans son garage depuis 1972 !

 

Quand on est amateur, ça veut dire qu’on aime. Eux ont voulu qu’on les appelle constructeurs amateurs, et le Gédéon trouve que c’est vachement très bien comme définition, parce que pour faire ce qu’ils font, sûr qu’il faut aimer ! Et ce qu’ils aiment, c’est construire, pas forcément voler, que s’ils aimaient voler, ils achèteraient l’avion tout fait, comme tout le monde. Après, ils peuvent toujours expliquer qu’ils construisent pour que ça coûte moins cher, que là le Gédéon il ne demande qu’à croire, mais sait bien que c’est pas vrai, et la preuve c’est que quand ils le revendent, l’avion, il coûte aussi cher qu’un qui aurait été fabriqué en usine…

 

Et oui, des punks capitalistes…

 

…mais peut-être pas clairvoyants.

 

Ben non, regarde, vu le temps qu’ils y mettent, s’ils se contentaient de jeter tous les ans la poignée de centaines d’Euros qu’ils mettent dans les bouts de bois dans une boîte, en occupant leurs temps libres au bistrot comme tout le monde, tu verrais qu’au bout des 10 ans habituels, ils auraient de quoi se l’acheter tout fait leur avion, comme tout le monde…

 

Non, décidemment une race à part ! Des purs ! Le Crucifié disait comme ça « bienheureux les purs, car le ciel est à eux ». Il causait des constructeurs amateurs, le Gédéon en est sûr !

par Gédéon de Biyanvrac publié dans : Généralités ulmiques
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